Cinq cents salariés de La Redoute manifestent à Roubaix

Samedi 14 décembre 2013, par lohann // La Redoute

Ils étaient près de 500 à battre le pavé entre le siège de La Redoute, à Roubaix, et Wattrelos hier matin pour demander des réponses auprès de Nathalie Balla, la nouvelle propriétaire de la société de vente à distance. Investissements, garanties sociales, licenciements, autant de sujets où plane l’incertitude. Les salariés ont appris une chose cependant : c’est le 8 janvier que le business plan sera présenté. Et avec, un possible plan social.

C’est le 8 janvier que les quelque 2 500 employés (sans compter les 600 salariés de Relais Colis et les 120 autres de la Diam, chargés du mailing de La Redoute) sauront à quelle sauce ils seront mangés. Le business plan de Nathalie Balla et son associé Éric Courteille sera ensuite détaillé en comité d’entreprise le 15 janvier. Utilisation de l’enveloppe de Kering qui garantit pendant quatre ans les investissements et l’accompagnement social, plan de départ, filialisation, orientation de l’entreprise, c’est tout l’avenir de la société qui sera dévoilé. « Il nous faut un temps d’examen suffisant pour évaluer ce projet et les garanties apportées aux salariés », tempère l’avocat du CE, Mario Califano. Et si le plan ne convient pas, rien n’empêchera les syndicats de ne pas voter la cession de La Redoute. Ce serait un retour à la case départ pour Kering. « C’est un moyen de pression pour ne pas céder au chantage de Kering qui veut vendre au plus vite. Ne l’oubliez pas ! », harangue Corrado Delfini, expert du cabinet Apex. On parle d’un possible vote en mars 2014.

Bien que le repreneur fasse partie de la maison, l’inquiétude demeure forte dans les rangs des salariés de l’ancien fleuron du groupe Kering. Suffisamment pour qu’environ 500 personnes bravent le froid pour réclamer « zéro licenciement, dix ans de garantie, des retraites payées à 100 % et aucune externalisation », clame Jean-Christophe Leroy, délégué syndical CGT. À ses côtés, SUD, CFDT, CFE-CGC font tous bloc pour « maintenir la pression sur la nouvelle direction ».

Une bonne nouvelle pour les syndicats qui comptent bien mettre à profit cette forte mobilisation pour négocier serré avec la direction de La Redoute. « On est sûr qu’il y aura des suppressions d’emplois alors on veut rendre hommage à ceux qui ont bâti La Redoute toute leur vie durant », souligne Mario Califano sous un tonnerre d’applaudissements dans la salle Amédée-Prouvost à Wattrelos.

« Tout est à faire »

Les maires de Roubaix, Pierre Dubois, et de Wattrelos, Dominique Baert, sont également apparus en soutien. « Le débat sera rude. On a rencontré Kering il y a trois semaines pour obtenir des garanties. Mais tout est à faire », glisse le maire de Roubaix. En attendant d’y voir plus clair dans le plan de Nathalie Balla pour La Redoute, les salariés ont montré qu’ils ne lui laisseront pas carte blanche. « Elle n’a rien fait pendant quatre ans à la tête de l’entreprise. En quoi ça changerait maintenant ? », résume une manifestante.

Le 14 Décembre 2013 - La Voix du Nord

Répondre à cet article