Val-de-Marne : deux responsables hospitaliers retenues pendant sept heures

Samedi 13 mars 2010, par cclpv // Hôpitaux

450 lits supprimés

Les directrices de l’hôpital Emile-Roux de Limeil-Brévannes (Val-de-Marne) et du groupement hospitalier Henri-Mondor de Créteil ont été retenues ce vendredi pendant sept heures par des personnels hospitaliers.

C’est à la suite d’une réunion entre la direction et les représentants du personnel qu’est intervenue cette séquestration. La directrice venait d’annoncer un projet de restructuration qui prévoit la fermeture de plusieurs unités, dont un centre de gériatrie, et le plus grand centre de traitement de l’addiction de France, soit au total plus de 450 lits menacés sur 900.

Cette séquestration de responsables est une première depuis le début de la crise dans le secteur hospitalier depuis septembre 2008.

Sabrina Lopez et Martine Orio étaient retenues depuis 11h00 dans le bureau de la direction de l’hôpital Emile-Roux par une trentaine d’employés après l’échec de discussions sur le transfert contesté de deux activités (addictologie et laboratoires) vers Henri-Mondor.

Elles ont été libérées peu avant 18h00, a constaté un journaliste de l’AFP, mais se sont refusé alors à toute déclaration.

« On a voulu marquer un gros coup mais on ne veut pas gêner les négociations qui se déroulent au niveau national » entre l’intersyndicale et l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), a déclaré à l’AFP Frédéric Lopez, du syndicat Sud, à l’initiative du coup de force.

Des négociations ont été engagées face au remous provoqué par la restructuration des Hôpitaux de Paris, selon une source à l’AP-HP. Des salariés ont poursuivi vendredi l’occupation du siège du groupe dans la capitale, soutenus par un millier de manifestants.

« On ne veut pas que les personnels de santé puissent être considérés comme des voyous », a précisé M. Lopez, récusant le terme de « séquestration », terme contesté par l’une des deux responsables retenues.

Celles-ci étaient retenues à l’intérieur d’un bureau dont les deux portes avaient été bloquées à l’aide de tables, de chaises et de casiers, a constaté l’AFP.

Jointe par l’AFP alors qu’elle était encore retenue dans son bureau, Martine Orio a assuré être victime « d’une agression contre (sa) vie privée et professionnelle ».

C’est une véritable séquestration qui n’a aucun caractère bon enfant », a-t-elle déclaré, se refusant à commenter les négociations dans son hôpital. Certains employés à Emile-Roux redoutent que le transfert de ces deux activités vers d’autres hôpitaux ne se traduise par une baisse de la qualité des soins et des suppressions d’emplois.

Le syndicat Sud a enclenché un mouvement de grève dans l’hôpital depuis un mois.

« On nous dit que notre service va être transféré mais on ne sait absolument pas ce que nous allons devenir », a dénoncé Véronique Boudou, employée à l’unité d’analyses biologiques.

Roger Gilles, du centre de traitement des patients addictifs, redoute, lui, une « disparition pure et simple » de son service.

« De multiples séances de négociations ont été organisées sans succès », a affirmé la direction dans un communiqué diffusé en fin de matinée.

lalsace.fr 12/03/2010

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