Somain : trois cadres SNCF retenus par les syndicats

Vendredi 19 mars 2010, par cclpv // Fret

L’intersyndicale du centre de triage de Somain ne lâche rien. Le 15 mars, les cheminots ont envahi une réunion pour se faire entendre et tenter de négocier avec la direction sur l’avenir de la gare.

Près d’une centaine de cheminots mécontents se sont invités à une réunion qui se tenait à la permanence du député Jean-Jacques Candelier à Somain avec Jean-Claude Quennesson, maire de Somain , lundi 15 mars à 11h.

Les syndicalistes du centre de triage de Somain ont retenu trois représentants de la SNCF dont Laurent Verghel, directeur du fret Nord. L’objectif : obtenir coûte que coûte une réunion tripartite avec des représentants du gouvernement, les organisations syndicales et la SNCF. Chose faite à 18h. Les « séquestrés » ont pu quitter les locaux après l’obtention officielle de deux réunions tripartites.

Deux réunions comme rançon

Depuis la fin de l’été dernier, rien ne va plus au centre de tri de Somain. Les cheminots s’inquiètent pour leur emploi, pour l’avenir du fret et aussi pour celui de la gare de triage de Somain.

« Nous voulons éviter la fermeture du centre de Somain, déclare Willy Dans, syndicaliste SUD-Rail. Nous voulons une autre politique gouvernementale sur le transport de marchandise. »

Selon les syndicats, la fermeture du centre aurait notamment des répercussions sur l’environnement. Ils craignent une recrudescence de camions sur les routes pour le transport de marchandises, entre autres.

Alors lundi 15 mars, quand les syndicats ont su qu’une réunion de travail se tenait entre des élus locaux, le directeur Fret Nord SNCF, un représentant SNCF Géodis et un représentant des infrastructures SNCF, et que les organisations syndicales n’étaient pas conviées, ils ont tout mis en oeuvre pour se faire entendre.

Ils ont bloqué les locaux et empêcher les représentants SNCF de sortir dans le but d’obtenir deux réunions. Voilà le prix de leur liberté.

En somme, la journée s’est déroulée autour de discussions et d’échanges pour aboutir au final à un accord, par le biais du préfet notamment. Un fax reçu vers 18h a mis fin à la pseudo prise d’otage.

« On les retenait sans les retenir », souligne tout de même Willy Dans.

D’ailleurs, Jean-Claude Quennesson, également otage, aurait été aperçu aux abords du commissariat en début d’après-midi. En agissant ainsi, les cheminots ont surtout voulu forcer le destin pour obtenir la réunion qu’ils attendent depuis plusieurs mois.
En ligne de mire, toujours les mêmes inquiétudes : l’avenir de la gare de triage de Somain. L’intersyndicale (CGT, SUD Rail, UNSA) , qui craint la fermeture prochaine du centre de triage, veut être informée sur l’avenir de la gare de triage et discuter du Fret SNCF.

« Cela fait plus de six mois qu’on demande une réunion », explique Willy Dans. En voilà donc deux prévues pour fin mars, début avril. Les cheminots, satisfaits de cette décision, espèrent voire évoluer leur situation.

Delphine Kwiczor
l’Observateur du Douaisis - 18/03/2010

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