Hymer, Velcorex, Domena, Dangel, Authentika... : licenciements en cascade dans le Haut Rhin

Jeudi 1er avril 2010, par cclpv // Hymer

Sans surprise, la chambre commerciale du tribunal d’instance de Mulhouse a confirmé ce matin la mise en liquidation de la filiale française du fabricant allemand Hymer qui fabrique des caravanes et des camping-cars à Cernay, entraînant la destruction immédiate de 190 emplois.

Par ailleurs, le tribunal mulhousien a prolongé de 6 mois (jusqu’au 30 novembre prochain) la poursuite de l’activité de l’entreprise d’électroménager CSI d’Altkirch, qui fabrique des appareils de repassage de marque Domena. Cette filiale de Superba est en redressement judiciaire depuis le mois de juin 2009. 113 personnes travaillent dans l’entreprise altkirchoise.

La chambre commerciale du tribunal d’instance de Mulhouse devait également statuer sur les cas de deux autres entreprises alsaciennes.

Sous régime de sauvegarde depuis octobre dernier, le constructeur automobile Dangel de Sentheim devrait obtenir une prolongation de sa période d’observation pour six nouveaux mois.

En revanche, la société textile SAIC-Velcorex Concord, ancienne filiale de DMC, et les meubles Authentika ont été placés en liquidation judiciaire, portant à 210 le nombre des suppressions d’emploi.

SAIC-Velcorex Concord, qui emploie 135 salariés à Saint-Amarin (Haut-Rhin), avait été placée en redressement il y a deux mois mais la société textile a attendu en vain de Bernard Krief Consulting (BKC) l’apport de fonds nécessaire à sa survie évalué à au moins 6 millions d’euros.

La liquidation, décidée par le tribunal de grande instance de Mulhouse, s’applique aussi aux magasins de meubles Authentika que BKC avait rattachés à l’entreprise textile, ce qui porte à 210 le nombre total des suppressions d’emploi, a précisé Joseph Grunenwald, délégué CFTC. Selon le syndicaliste, le manque de fonds propres a empêché SAIC-Velcorex de payer ses approvisionnements alors que ses commandes étaient abondantes.

BKC avait demandé à la Communauté de communes de la vallée de Saint-Amarin de lui racheter le site pour 1,5 million d’euros, mais la collectivité a refusé d’y donner suite en l’absence d’engagement financier du groupe, a souligné François Tacquard, président de la communauté de communes. Aucune offre de reprise extérieure n’était parvenue avant l’audience de mercredi, a rappelé l’un des administrateurs judiciaires, Pierre Mulhaupt.

A l’audience, Louis Petiet a présenté un plan de continuation d’activité avec 39 salariés que la chambre commerciale a rejeté en raison de son montage financier trop flou, a rapporté M. Grunenwald. Le plan reposait sur l’apport de 5 millions d’euros en parts de société alors que la juridiction demandait du cash, or M. Petiet « n’a pas pu démontrer » sa capacité à apporter cet « argent palpable », a complété le responsable syndical. Le tribunal a également rejeté les offres pour les meubles Authentika présentées par trois candidats repreneurs, a indiqué M. Grunenwald.

Le personnel en grève depuis une semaine va poursuivre le blocage de l’usine jusqu’à l’obtention d’indemnités d’un montant satisfaisant pour les licenciements dont les premières lettres partiront mi-avril, selon M. Grunenwald. BKC avait racheté la SAIC-Velcorex au groupe DMC en dépôt de bilan à la fin de l’été 2008. L’entreprise de tissus dont l’origine remonte à la première moitié du XIXe siècle a longtemps été l’un des fleurons industriels de la vallée de Saint-Amarin.

L’Alsace du 31 mars 2010

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