Bataille au sommet autour du sauvetage d’Altis

Mercredi 7 avril 2010, par nico // Altis

Mais qui va sauver Altis ? L’usine en difficulté, qui fabrique des semiconducteurs à Corbeil-Essonnes et au Coudray-Montceaux, se retrouve une fois de plus au cœur d’un imbroglio lié à son avenir.
Tout est parti d’un communiqué publié hier par la CGT de l’Essonne, baptisé « Altis-Corbeil va revivre avec un vrai plan industriel ».

La déclaration fait suite à une rencontre, vendredi 2 avril, entre une délégation du syndicat et Yazid Sabeg, haut-commissaire chargé de la Diversité, grand patron et coordinateur des investisseurs publics et privés pour relancer Altis.
Ce jour-là, le membre du gouvernement et les syndicalistes ont évoqué le sauvetage imminent d’Altis qui doit être relancé par plusieurs entreprises. « C’est notre conception du projet indutriel qui a abouti », se félicite Marc Roumejon, responsable départemental de la CGT. Une déclaration qui fait bondir Jean-Pierre Bechter, maire UMP de Corbeil-Essonnes, qui assure que le syndicat n’a joué aucun rôle. « Nous sommes rentrés dans une phase où chacun essaye de tirer la couverture à lui. C’est malheureux. D’autant plus que la CGT ne siège même pas au comité d’entreprise d’Altis ! » Yazid Sabeg est lui beaucoup plus mesuré. « La CGT est un partenaire que j’ai reçu par courtoisie, tout comme la CFDT. Mais personne ne peut revendiquer une exclusivité sur un tel projet. »

L’autre point de friction est l’importance du rôle du sénateur UMP Serge Dassault dans ce dossier. « De grandes entreprises comme le groupe Dassault, qui avait promis d’investir, sont des partenaires intéressants », affirme le communiqué CGT. Une vision que ne partage pas exactement Yazid Sabeg : « Cette reprise est surtout et avant tout le travail de Serge Dassault. Sa détermination, son obstination et son engagement personnel ont payé. » « Evidement que Serge Dassault est derrière tout cela ! Nous travaillons sur le sujet depuis dix-huit mois. L’assimiler à un simple partenaire intéressant, c’est ridicule », s’étrangle Jean-Pierre Bechter.

En attendant, cette affaire aura quand même permis d’en savoir plus sur la reprise d’Altis. « L’usine est sauvée. C’est une grande nouvelle pour l’Essonne et le monde du travail. Yazid Sabeg tiendra un rôle central », assure Marc Roumejon, qui annonce également « 350 à 450 licenciements ». « D’ici une quinzaine de jours, un comité d’entreprise se tiendra, en compagnie de Yazid Sabeg, et tous les détails financiers seront dévoilés », lance Jean-Pierre Bechter. La CGT affirme qu’une « table ronde entre les différents acteurs » est prévue à la préfecture d’Evry après cette annonce. « Je ne suis pas au courant », souffle Yazid Sabeg…

Le Parisien le 07.04.2010

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