La gare de triage de Somain se trouve à la croisée des chemins

Vendredi 9 avril 2010, par nico // SNCF

La gare de triage de Somain se trouve à la croisée des chemins Fret SNCF projette de réduire de deux tiers son réseau de wagons isolés d’ici à 2012.

Sauve qui peut à la SNCF ! Le fret ferroviaire est un gouffre financier. De longue date. La gare de triage de Somain, l’une des dernières en France, est au coeur de la tempête. Plus les mois passent, moins il y a de cheminots. Mais Pierre Blayau, leur patron, vient de les assurer que le site ne fermerait pas.

Février 2008, Guillaume Pépy est nommé à la présidence de la SNCF. Dans sa lettre de mission, le président de la République l’enjoint à « construire un leader du fret et de la logistique (…) de taille mondiale ». Raté. En 2009, les pertes de l’activité de transport de marchandises ont plus que triplé pour atteindre un milliard d’euros. Énième exercice déficitaire.

Seuls 50 % des trafics opérés par la SNCF sont compétitifs par rapport à la route. (voir article de lavoixeco.com)
Pas seulement un effet induit de la crise

« Nous entrerons dans X-Rail lorsque nous aurons réalisé notre transformation », a répondu Pierre Blayau, directeur général de SNCF Géodis, à une question de la CGT lors de la table ronde organisée à Lille par Jean-Michel Bérard, préfet de région. En donnant une date : « Nous reprendrons contact avec cette structure européenne d’ici dix-huit mois. » Pas de nature à redonner le moral aux cheminots de Somain.

Somain, c’est la ville du fer. Le triage tel qu’on le connaît a été réalisé en 1954-1955. Dans la décennie 1960, plus de 950 000 wagons y sont traités chaque année. Avant que le fret ne « déraille ». En 2009, en France, le réseau de messagerie a vu passer… 389 000 wagons, contre 650 000 attendus. Effet induit de la crise économique. Pas seulement.

Les transporteurs ayant tenté l’aventure du fret sur le territoire français depuis sa libéralisation en mars 2003 lui taillent des croupières. Dans un document, la direction admet que « la concurrence est très active dans le Nord où les niveaux de prix se situent très en dessous des nôtres ».

En juin, à Somain, il n’y aura plus qu’une seule équipe pour débrancher les wagons. Les trois cents derniers cheminots - ils furent quatre cents - se demandent si le site ne va pas rejoindre la longue liste des gares de triage rayées de la carte.

À Lille, Pierre Blayau s’est voulu rassurant : « Il n’y aura pas de fermeture de Somain. » Au point de convaincre David Rotolo, secrétaire général CGT des cheminots de Somain ? « On aura une gare de triage fantôme, sans cheminots », disait-il fin 2009.
Défendre le chiffre d’affaires

La direction du fret a une autre idée en tête : proposer des trains multi-lots - multi-clients. L’offre reposera sur un plan de transport spécifique et régulier, entre deux pôles économiques, en empruntant des « autoroutes ferroviaires » et en s’appuyant sur des plateformes portuaires comme à Dunkerque. Avec pour objectif principal de défendre le chiffre d’affaires face à la concurrence. Sauve qui peut.

UIL solidaires du Valenciennois
le 09.04.2010,

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