La grève du nettoyage paralyse la Cité des sciences

Samedi 10 avril 2010, par nico // TFN-Atalian

Les touristes et les groupes scolaires qui avaient programmé une visite à la Cité des sciences et de l’industrie, hier, ont dû rebrousser chemin. Le vaste musée du parc de la Villette est resté fermé au public toute la journée. Motif : la grève des employés de la société chargée du nettoyage de la Cité qui a rendu les travées du bâtiment quasi impraticables.

« Soucieux d’offrir à nos visiteurs un confort de visite que nous ne pouvons plus garantir, nous avons décidé de fermer temporairement le site », expliquait-on hier à la direction de la Cité.

Le conflit social au sein de la société Maintenance de Paris (une filiale du géant du nettoyage TFN-Atalian) a démarré il y a déjà neuf jours. Précisément le 1er avril, date à laquelle l’entreprise TFN, choisie après un appel d’offres, a remplacé la société GOM qui détenait le marché. « La convention collective du secteur de la propreté prévoit que les sociétés qui obtiennent un marché doivent reprendre l’intégralité des salariés de l’entreprise précédente », rappelle Etienne Deschamps, délégué du syndicat CNT. « Il en va de même des avantages acquis. »

La société TFN invitée à reprendre les négociations

Selon les agents de nettoyage de la Cité des sciences (environ 70 personnes pour la plupart en temps partiel), TFN leur nouvel employeur n’aurait pas respecté ces règles. « Ils envisagent notamment de supprimer 2 500 heures de nettoyage à la Cité, soit une vingtaine de postes. Ils pourraient également réintroduire une clause de mobilité qui obligerait des collègues à aller travailler à l’autre bout de l’Ile-de-France, parfois pour moins de deux heures par jour », s’insurge Christophe Singarayar, délégué du personnel de SUD-Nettoyage. Soutenus par l’intersyndicale de la Cité des sciences, les agents du nettoyage avaient massivement cessé le travail dès le début du mois. Mais leur grève était jusqu’à présent passée relativement inaperçue. Ses effets sont subitement devenus très visibles hier matin après un face-à-face tendu entre grévistes et non-grévistes durant la nuit de jeudi à vendredi.

« La direction avait envoyé des briseurs de grève. On a remis les choses en l’état après leur départ », résumait un des grévistes au milieu du grand hall, jonché de détritus. La direction de la Cité, qui a renoncé à faire appel à la police pour évacuer le piquet de grève, s’est finalement contentée d’inciter la société TFN à reprendre les négociations avec les grévistes. Hier soir, elles étaient toujours en cours et la direction de la Cité des sciences ne savait pas encore si le site pourrait rouvrir ce week-end.

Le Parisien le 10.04.2010


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La Cité des sciences en crise face à la grève des nettoyeurs

La Cité des sciences et de l’industrie, au parc de La Vilette à Paris, est en crise depuis le premier avril. Les visiteurs mécontents sont refoulés à l’entrée, des grévistes ont envahi le hall d’entrée. A l’intérieur, c’est le chaos : verres usagés, paquets de chips, nourriture, recouvrent le sol de la Cité. Au cœur de la crise, un conflit social dur mené par les employés d’une société extérieure qui s’occupe du nettoyage.

Après une brusque montée des tensions en fin de semaine dernière, la direction a fini par ouvrir samedi des discussions à la fois avec les syndicats du personnel de la Cité, solidaires des grévistes, et avec la société de maintenance de Paris-TFN Atalian, dont les employés mènent le mouvement de grève depuis dix jours et qui se font bruyamment entendre. (Voir la vidéo)

L’entreprise sous-traitante chargée du nettoyage, qui appartenait à la société GOM, a été reprise par TFN le 1er avril dernier. Le repreneur a récupéré l’ensemble des 70 salariés, mais a annoncé qu’il entendait supprimer une vingtaine de postes en estimant que GOM avait gonflé les effectifs. Etienne Deschamps, délégué syndical, proteste :

« Qu’on nous prouve qu’il y a un sureffectif par rapport au cahier des charges. »

La Cité, malgré des conditions d’accueil douteuses, a continué d’accueillir des visiteur jusqu’à vendredi matin. Mais une brusque montée de tension, l’occupation des locaux et les conditions d’accueil, notamment hygiéniques, ont obligé la direction à fermer les portes de la Cité.
Une direction indifférente

Dans la nuit de jeudi à vendredi, en effet, des « gros bras », comme les décrit le tract remis par les syndicalistes, sont entrés dans la Cité pour faire le ménage. Non pas pour évacuer les grévistes, mais réellement faire le ménage afin « d’offrir aux visiteurs un confort de visite », explique le communiqué de presse officiel remis par Viviane Aubry, attachée de presse, qui ajoute : « On ne pense pas que ce soit une entrave à la grève ».

« Cette nuit, ça a été chaud », commente Etienne Deschamps. Un employé de la Cité, présent sur place, a prévenu la police avant que les événements ne dégénèrent. Les grévistes se sont assis devant les employés de nettoyage et dos aux policiers.

Une fois la police partie et le ménage fait, les grévistes se sont arrangés pour tout remettre en désordre. Vivianne Aubry, pour la direction, s’insurge :

« Boucher les toilettes avec des tampons, vider les poubelles sur le sol, ça va au delà du droit de grève. »

Vendredi, la police a pénétré dans le hall de la Cité. Quelques policiers sont restés sur place sans intervenir puis sont repartis en laissant les grévistes dans l’incertitude d’une intervention à venir.
Un « conflit qui nous échappe »

Pour la direction, « ce conflit nous échappe, car c’est un conflit de sous-traitant », reprend Viviane Aubry.

D’autres, qui préfèrent garder l’anonymat pour des raisons professionnelles, expliquent qu’il y a eu un manque d’engagement de la direction dans ce conflit qui, officiellement, ne la concerne pas. Une attitude intenable qui a finalement pris fin samedi avec l’ouverture des discussions.

Signe de la désescalade, dès samedi matin, les grévistes ont accepté d’assurer le service minimum de nettoyage « pour montrer leur bonne volonté à négocier », selon une déclaration syndicale.

Rue89

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