Lettre ouverte des salariés de la raffinerie des Flandres à Nicolas SARKOZY

Samedi 17 avril 2010, par cclpv // Total

Lettre ouverte

Des salariés de la raffinerie des Flandres à Nicolas SARKOZY, Président de la république.

Monsieur le président,

Les salariés de la raffinerie des Flandres sont en grève depuis le 12 janvier 2010, afin d’obtenir le redémarrage de leur usine à l’arrêt depuis le 12 septembre 2009. Le 1er février TOTAL a annoncé lors du CCE que le grand arrêt de mars 2010, indispensable à la poursuite de l’activité de raffinage, n’aurait pas lieu. Le groupe TOTAL a pris le prétexte fallacieux d’une baisse conjoncturelle des marges de raffinage pour commencer le démantèlement d’un des fleurons de l’industrie française. Comment justifier la fermeture d’un site d’une capacité de raffinage de 7 millions de tonnes alors que la France doit importer chaque année plus de 9 millions de tonnes de gazole ? La réduction des capacités de raffinage en France permettra à TOTAL de faire remonter artificiellement les marges, avec pour conséquence une montée des prix à la pompe, supportée par les consommateurs.

Le site de Flandres emploie 380 salariés, génère près de 600 emplois sous-traités directs, sans compter les emplois induits. Près de 450 entreprises réalisent une grande part de leur activité grâce à la raffinerie. Des milliers de personnes de la région dunkerquoise seraient impactés si la raffinerie disparaissait.

TOTAL ment à la population, aux élus et au gouvernement en prétendant mettre en place une nouvelle activité industrielle sur son site nordiste : les projets de centres de formation et d’assistance technique présentés en CCE sont des activités de services existants déjà dans d’autres structures du groupe et n’ont rien à voir avec une production industrielle. Autre rideau de fumée, le terminal méthanier est un projet de 2006 porté par EDF, dans lequel TOTAL ne prendra qu’une part symbolique. Le ministre de l’industrie, C. ESTROSI, avait affirmé le 22 février dernier, que sans projet industriel de substitution réel, il demanderait le redémarrage de la raffinerie…

Monsieur le président, vous êtes le garant de l’indépendance énergétique de la France, vous vous êtes engagé le 04 mars 2010, en conclusion des états généraux de l’industrie, à augmenter la production industrielle de 25% d’ici à 2015, vous êtes le président du pouvoir d’achat et de l’emploi. C’est pourquoi les salariés de la raffinerie, les sous-traitants, et la population du Nord-Pas-de-Calais, déjà lourdement touchés par la crise, vous demandent de prendre position pour le maintien en activité de la raffinerie et la réalisation du grand arrêt.

Le projet inique de TOTAL ne doit pas aboutir, le premier groupe industriel français ne doit pas vouer à l’obsolescence l’outil de raffinage national mais doit au contraire s’engager dans une adaptation des sites à la demande locale en gazole et en carburant verts.

La table ronde sur l’évolution du raffinage français initiée le 15 avril pourra avec votre appui être le début d’un renouveau industriel.

Dunkerque, le 16 avril 2010

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