Durcissement du conflit à Euroflaco et Alpla

Jeudi 6 mai 2010, par nico // Alpla

La grève se durcit chez Euroflaco Compiègne et Alpla France Rémy, malgré la présence du responsable des deux sites, René Tschertou venu négocier avec les délégués syndicaux. Les fabricants de flacons en plastique pour de grandes entreprises, telles Colgate-Palmolive ou Unilever, sont dans l’impasse. Les 185 ouvriers du groupe autrichien Alpla (65 à Compiègne et 120 à Rémy) ont arrêté le travail depuis mardi et bloquent désormais l’entrée de l’usine aux camions.

L’usine voisine de Colgate-Palmolive arrive déjà en rupture de stock sur deux modèles de flacon. « Deux machines sont à l’arrêt. Nous ne pouvons plus produire l’adoucissant Soupline et ce sera bientôt au tour du Tahiti douche, explique Régis Delaplace, délégué CGT chez le lessivier. La seule solution sera de les faire fabriquer en Italie et en Grèce car, en France, nous sommes les seuls à le faire. Si ça continue, les supermarchés ne seront plus approvisionnés. » Les délégués syndicaux comptent sur la pression de ces clients mécontents pour avancer dans les négociations avec le groupe Alpla. Hier, ils ont déjà obtenu une date pour la création d’une unité économique et sociale qui faciliterait l’information entre les différents sites de France. En effet, une nouvelle unité doit s’ouvrir en juin à Rambouillet, dans les Yvelines, à l’intérieur de l’usine L’Oréal. Or le site de Rémy travaille déjà, en partie, avec ce client. En effet, deux lignes de travail sur douze lui sont réservées.

Les ouvriers craignent pour la pérennité de leur emploi. Il y a quelques mois, quatre machines ont été enlevées des sites de Compiègne et de Rémy, cinq postes ont été supprimés à Compiègne, « sans parler des départs non remplacés à Rémy », ajoute le délégué CFDT, Bruno Pelletier. Frédéric Westrelin, délégué CGT chez Euroflaco, ne cache pas sa déception. « Nous avons les mêmes revendications dans les deux sites et la direction traite nos demandes à part. A Rémy, ils ont obtenu 600 € de prime étalés sur douze mois. A Compiègne, nous devrions obtenir nos participations aux bénéfices qui nous avaient été refusées depuis 2004. Il a suffi que nous demandions un nouveau cabinet d’expertises pour que la direction affirme qu’il s’agissait d’une erreur du commissaire aux comptes. » Les autres points de négociations sont plus épineux. « La direction ne lâche rien. Nous avons demandé une augmentation, en vain. Nous réclamons des garanties sur nos postes, on nous réplique qu’il n’y aura pas de licenciement, sauf pour faute grave ou événement exceptionnel. Donc, aucune réelle garantie pour le moment », conclut le syndicaliste. La grève a été reconduite jusqu’à 5 h 30 du matin aujourd’hui dans l’attente d’avancées concrètes.

Le Parisien le 06/05/2010

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