Club Med Centre d’Appel Européen, résultat des courses...

Mercredi 21 avril 2010, par nico // Club Med

Pour le Club Med Centre d’Appel Européen (CMCAE), ou plutôt ce qu’il en reste, le tsunami antisocial est passé... Après plusieurs mois de lutte menée par FO et la CGT, les primes qui ont été arrachées dépassent largement le conventionnel et les "accompagnements" permettent d’amortir un peu malgré tout la chute des collègues touchés, même si on reste assez loin de nos attentes initiales.

Résultat des courses, sur les 90 postes initialement supprimés c’est finalement :

- 24 licenciements secs
- 30 départs volontaires
- 38 reclassements internes

Pas de quoi sauter au plafond donc. Ce n’est ni une victoire, ni une déconfiture : On a limité la casse comme on a pu, malgré une législation française faite sur mesure pour les patrons, et malgré le sabotage permanent des syndicats amis de la direction, CFDT et CFTC, qui ont achevé de nous user la santé.

Aujourd’hui, malgré cet écrémage sensé permettre de faire des économies à l’entreprise, l’avenir n’est pas rose pour autant : Les "survivants" se sont vus retirer la masse des clients directs et doivent désormais travailler sur un service réduit avec en prise d’appels les seules agences de voyage Belges, Suisses et Italiennes. Et ce ne sont pas les -10% de baisse d’activité liée à la crise qui peut suffire à expliquer que le téléphone ne sonne plus beaucoup chez nous depuis la restructuration... Deux possibilités :

- Ou la direction a bien préparé son coup, et donc elle nous cacherait un autre projet derrière à moyen terme, comme celui par exemple de nous reclasser par la suite sur les agences Club Med Voyages pour renforcer ce réseau de distribution (sur lequel a été détourné la majeure partie de notre activité).

- Ou bien la direction a très mal ficelé son projet (ce ne serait pas la première fois...), avec des paramétrages plus que hasardeux notamment au niveau du staffing... et alors là on aurait vraiment de quoi se faire du souci, car dans ce cas on devrait s’attendre à coup sûr à une deuxième vague à moyen terme.

Même si le syndicalisme dans l’entreprise est une lutte quotidienne, rien ne nous avait préparé à affronter un un plan de licenciement et c’est dans la tempête, par la force des choses qu’on a dû apprendre. Le goût qui reste est amer. Et il l’est d’autant plus quand on se rend compte quel point la loi française nous lie les mains et nous interdit de contrer vraiment un plan social, quand bien même le caractère abusif de ses motifs économiques est attesté.

Pour ce qui nous concerne, le Centre d’Appel du Club Med, la vérité est que notre activité a simplement été détournée sur d’autres réseaux, pour pouvoir ensuite licencier allègrement chez nous et tailler à la hache dans les coûts de distribution. Mais ça n’a pas empêché la direction d’invoquer "la crise" pour justifier son "PSE"... Et en temps de crise, les deux plus gros cadres du Club Med préfèrent choisir de licencier 90 petites mains plutôt que de renoncer à leurs bonus et stock options astronomiques : C’est pas moins de 2 300 000 € que deux personnes se sont mis dans les poches à elles seules pour l’exercice 2008, soit plus que le bénéfice net de l’entreprise ! Mais c’est surtout plus que les économies qu’ils espèrent réaliser en jetant des dizaines de familles à la rue !!! Ce mode de fonctionnement de l’entreprise n’est ni plus ni moins que la reproduction d’un système féodal, où quelques seigneurs vampirisent toutes les richesses et n’hésitent pas à sacrifier leurs serfs plutôt que de revoir leur gestion hasardeuse.

Licenciements abusifs légalisés, syndicats neutralisés par la loi... et tous les coups permis pour les patrons !!! Pour eux c’est une véritable autoroute qui s’ouvre, parcequ’en face ça continue à se disputer, ça targiverse sur les modalités et blablabla.

Et malheureusement tout porte à croire que ça n’est pas prêt de s’arranger, car nos mobilisations à tous, chacun dans nos boites (même si elles font du bruit !) ne sont pas pour autant à la hauteur pour faire reculer le medef et le gouvernement. Alors, que font les grosses confédérations ??? Les salariés en lutte en sont réduits à essayer de se rassembler tant bien que mal pour tenter de faire front... alors que c’est quand même la base du boulot de nos syndicats ça non !!! La plupart des tentatives de coordinations des luttes ont d’ailleurs de très bonnes bases, mais il faut croire que les luttes fratricides entre les différentes obédiences politiques ou syndicales (qui se tirent la bourre en permanence et se regardent en chien de faïence) empêchent au final qu’il y ait UNE seule vraie bonne coordination efficace.

Pour les obliger à fléchir et pour faire en sorte que la législation française change et protège enfin les travailleurs, il faut mettre la pression au niveau national et pour ça il n’y a pas 36 solutions : Bloquer le pays, grève générale... et tous ensemble !!! Mais là dessus encore faudrait-il que nos confédérations se mettent d’accord, et surtout que les dirigeants du premier syndicat français soient chauds, ce qui n’a pas l’air d’être franchement le cas.

Un grand merci au collectif CCLPV pour sont excellent travail et pour son soutien.

Sébastien Dethorey
Syndicat cgt FORCE OUVRIERE
Club Med Centre d’Appels Européen
1-3 Rue Etienne Dolet
93400 St Ouen

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