Clemessy : les salariés ont décidé de cesser le travail aujourd’hui

Lundi 7 juin 2010, par nico // Clemessy

Les quelque cent sites en France de l’entreprise Clemessy (équipements électriques pour l’industrie, groupe Eiffage) ont tous été paralysés lundi par une grève suivie par plus de 80% des 5.000 salariés.

La grève s’est déclenchée à l’appel de l’intersyndicale CFDT-CGT-FO-CFE-CGC afin de protester contre le changement brusque de président intervenu mercredi dernier, dans lequel les syndicats voient le début du démantèlement de leur entreprise. Le travail doit reprendre normalement mardi, a indiqué l’intersyndicale qui s’est déclarée très satisfaite de la mobilisation. La direction de Clemessy n’a pas pu être jointe lundi. Le nouveau président, François Massé, est également PDG de Forclum, une autre filiale du groupe de construction Eiffage et qui évolue dans les mêmes métiers que Clemessy.

Cette double fonction fait craindre aux syndicats le démantèlement de Clemessy et sa disparition à terme, que préparerait selon eux le prochain transfert de près de la moitié du chiffre d’affaires vers Forclum. Le nouveau patron doit rencontrer les représentants du personnel jeudi au siège de Clemessy à Mulhouse, a annoncé Dominique Le Morvan, délégué central CFDT, syndicat majoritaire. Contacté, l’entourage de François Massé n’a pas pu confirmer l’information.

Dans une lettre ouverte adressée lundi à leur nouveau président ainsi qu’à Jean-François Roverato, le président d’Eiffage, les cadres dirigeants de Clemessy ont demandé le maintien de l’autonomie de leur entreprise et le respect des engagements" sur le maintien de l’emploi, ont indiqué Dominique Le Morvan et Michel Estevez, délégué central CGT. Lors du rachat de Clemessy à l’automne 2008, le groupe Eiffage avait signé avec trois syndicats sur quatre (CFDT, FO et CFE-CGC) un accord sur le maintien de l’emploi et du périmètre de l’entreprise pendant cinq ans minimum.

Entreprise centenaire d’origine familiale, Clemessy (553 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2009) avait été rachetée par un consortium mené par EDF en 1999, avant d’être revendue successivement à Dalkia (Veolia Environnement) puis à Eiffage.

AFP

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3 Messages

  • L’affaire est entendue, malgré toutes les promesses, EIFFAGE joue la montre et attend gentiment que tout ce climat d’agitations se tranquillise.
    Le programme des festivités est préparé depuis longtemps et le nouveau PDG va se reposer sur l’actuel DG, qui après son attitude de soumission va donner les ordres de liquidation comme il l’a déjà fait avec le précédent.
    Les méthodes des anciens Fougerole, Bouygues et compagnie on les connaît tous des requins aux dents longues et qui sont responsables de la disparition de beaucoup d’entreprises.
    Donc, pour les promesses il faudra repasser et bien se préparer à faire une grève totale.

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    • Depuis de longues années, nous pouvons observer avec tristesse et perplexité le démantèlement de nos entreprises régionales et nationales.
      Cela ne peut plus durer, il faut que nos politiques prennent conscience de ce désastre humain, qu’ils interviennent vivement en haut lieu et qu’ils fassent pression sur les actionnaires.
      Actuellement, de grandes sociétés de Mulhouse se débattent pour survivre, parce que des patrons sans scrupules veulent uniquement faire des profits sur le dos des travailleurs.
      Cela n’est plus acceptable ni tolérable, si les emplois disparaissent cela va immanquablement appauvrir la région et de ce fait on peut se demander, mais qui va payer nos retraites ?
      Non, nous ne pouvons plus, être que des spectateurs médusés qui se laissent endormir à chaque élection par des discours prometteurs remis au goût du jour, suivant les tendances branchées du moment, mais sans traiter les sujets fondamentaux de la société.
      Alors, que faut-il faire, tout simplement demander des comptes et des garanties pour maintenir l’emploi productif là où il est et interdire tout démontage et transfert de la production en dehors du territoire national.
      Protégeons avant tout notre outil de travail, à quoi serviront les usines désaffectées, quels espoirs pour les milliers de chômeurs et les jeunes à la recherche d’un emploi si ce n’est que la révolte et l’incompréhension d’un système stérile.
      Donc, il faut se mobiliser, se serrer les coudes et donner un sens à notre vie de tous les jours.

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  • Petite histoire Corse :

    Un jour, un jeune berger qui gardait les moutons est monté à la ville sur le continent pour se faire de l’argent ;

    Après une petite formation et quelques rudiments de comptabilité il a eu de la chance de rencontrer son messie ;

    Avec son mentor tout puissant il rechercha une bonne affaire et il trouva une occasion en or à Mulhouse ;

    Et c’est là, qu’une nouvelle fois il a gardé des petites brebis, bien dociles et qu’il a gagné sans se fatiguer beaucoup d’argent ;

    Moralité, ce n’est pas en travaillant que l’on gagne du pognon, mais en faisant trimer les autres pour pas cher !

    Mais, à force de boire, il s’est mis à dormir et le loup le croqua ;

    Son fidèle toutou qu’il voulu remplacer par le malin le doubla ;

    Et c’est comme cela qu’il finit ses jours dans son île natale avec les chèvres et les moutons.

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