Mead, c’est fini

Jeudi 1er juillet 2010, par cclpv // Meadwestvaco

L’intersyndicale a accepté, hier, les dernières propositions patronales. La lutte est terminée. Mead va fermer.

La vie ne s’arrête pas aujourd’hui. Une autre histoire commence. A bientôt ! Juché sur la remorque du poids lourd qui sert de tribune lors de chaque assemblée générale, Thierry Jambu écrase un sanglot. Pour ce grand gaillard, l’émotion est trop forte.
Le syndicaliste CGT vient d’avertir les 144 derniers employés du site castelroussin de Mead Westvaco que la direction acceptait en bloc les conditions de l’intersyndicale. Une belle victoire obtenue à l’issue d’un combat intelligemment mené. Mais personne dans l’assistance n’a envie de sauter de joie. En ce mercredi 30 juin caniculaire, le faire-part officiel de décès de Mead vient d’être signé. C’est terminé.

Merci à tous

Une ultime assemblée générale. A la fin de laquelle l’occupation de l’usine, qui durait depuis cinq semaines, a été levée. « Cette boîte, c’est 31 années de ma vie, déclare Thierry Jambu. Forcément, je ressens beaucoup d’émotion. Nous partons avec le sentiment du devoir accompli, en espérant aussi que notre lutte fera jurisprudence dans l’agglomération castelroussine en terme de primes de départ et de justice sociale. Ce que je vais faire maintenant ? Aucune idée. J’aimerais continuer à rendre service aux gens. N’oubliez pas de remercier toutes les personnes qui nous ont soutenus et aidés. Pas besoin de les citer. Elles se reconnaîtront. »
Et pour José Loureiro, un autre sacré lutteur, quel sera l’avenir ? « Je n’en sais rien du tout. A partir de demain, je vais penser à moi, mais je n’en suis pas encore là », soupire le syndicaliste de la CFDT. « Envisager le futur, c’est trop tôt. Pour l’instant, je suis encore à fond dans le combat. Je le répète, il y a tout lieu d’être satisfait. Mais pas de triomphalisme. Aujourd’hui, ce sont plus de 140 emplois qui disparaissent. »
L’AG est terminée, les petits groupes se forment sur l’esplanade écrasée de soleil. Demain, les salariés de Mead n’auront plus à revenir. Mais ils n’ont pas envie de partir. Les happy end, c’est vraiment bon que pour le cinéma...

La fin d’un fleuron

35.000 euros de prime transactionnelle, 27.000 euros de prime supra légale, une prime de départ légale calculée en fonction de l’ancienneté, neuf mois de chômage à 75 % du salaire brut, maintien des mesures du PSE (NDLR : Plan de sauvegarde de l’emploi) pendant 24 mois : voilà les principales mesures annoncées hier aux futurs licenciés. Pressée d’en finir avant la date fatidique du 1er juillet, la direction européenne de Mead Westvaco a cédé sur presque tout. Pas de triomphalisme du côté des syndicalistes et employés : ce mercredi, on naviguait entre la légitime satisfaction d’avoir obtenu d’importantes avancées, et le sentiment tout aussi fort d’un énorme gâchis.

Installée à Châteauroux depuis 1965, l’entreprise Mead Emballage a longtemps été considérée comme le fleuron industriel de l’agglomération. Au début des années 1980, la société, dont l’usine est située boulevard d’Anvaux, emploie jusqu’à 550 personnes. Le premier plan social est annoncé en décembre 2008. 104 des 265 emplois du site castelroussin sont alors supprimés. Le second plan social sera lancé à la surprise générale une année plus tard.

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1 Message

  • Mead, c’est fini 15 juillet 2010 22:10

    félicitations pour votre combat exemplaire mené par une intersyndicale mais maintenant il va falloir tourner la page meme si cela est difficile il faut se projeter vers l’avenir.
    Votre réussite est du a une solidarité que maheureusement nous n’avons pas a proma aujourdh’ui nous sommes allé sur le site de proma et nos collègues de fo on refusé que l’on rentre dans le site barricadant les portes avec des balais et de la ferraille lear venait récupéré les produits finis bravo encore corine guérineau ds cfdt proma france

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