Faurecia Saint-Nicolas-de-Redon : fin du conflit et reprise du travail jeudi

Jeudi 15 juillet 2010, par cclpv // Faurecia

La situation s’est dénouée hier, à Saint-Nicolas-de-Redon. Après, plus de trois semaines de grève, direction et syndicats ont signé un accord.

Applaudissements. Cris de joie. Il est un peu de moins de 17 h. Hier, à Faurecia, à Saint-Nicolas-de-Redon. C’est le soulagement pour les salariés. Les syndicats et la direction viennent de trouver un accord. Vers midi déjà, on pressentait la fin du conflit. « Il y avait du mieux. La direction acceptait de nous accorder un plus financièrement », explique Jean-Pierre Robert, représentant syndical CFDT.

Presque un retournement de situation. Lundi soir, le dialogue était au point mort entre direction et salariés. « C’est la détermination des employés qui a fini par payer », lance Jean-Pierre Robert.

Pour d’autres, la présence de deux membres de la direction générale du groupe a été déterminante. « Ils voulaient rapidement trouver un accord ». Bernard Michelangeli, directeur des ressources humaines et Gilles Corbel, président du comité central d’entreprise, sont arrivés hier matin, à Saint-Nicolas-de-Redon.

Des reclassements internes

Une partie des propositions engagées pendant la médiation a été reprise. Les emplois pour les salariés sont garantis jusqu’à fin juin 2011. Toutes les sanctions pénales et disciplinaires prononcées sont annulées.

La direction a proposé plusieurs offres concrètes de reclassement interne. « Il y aurait quinze emplois à occuper dans l’immédiat chez Faurecia, à Bains-sur-Oust. Vingt à Crevin », indique Philippe Rouxel secrétaire du comité d’entreprise à la CFDT.

Des reclassements internes, pour le premier semestre 2011, seraient aussi à prendre à Bains-sur-Oust. À cela, s’ajoutent soixante offres de reclassement externe.

Pour les reclassements internes, chaque employé partira avec la somme de 8 000 €.

« Un gâchis »

Surtout, les salariés recevront des primes pour la reprise du travail et des compensations pour les heures de grève. Sur ce point, les syndicats se sont toujours montrés inflexibles. Hier, ils ont obtenu gain de cause.

« On a fait plus en une journée, qu’en une semaine ! », fait remarquer, Lilian Brunet, représentant CGT. La joie laissait place à l’amertume, sur le parking de l’entreprise. « Je trouve que c’est du gâchis. Plus de trois semaines de conflit pour trouver un accord ! », regrette Philippe Rouxel, secrétaire du comité d’entreprise à la CFDT.

« Dur financièrement »

Certains, présents depuis 40 ans dans l’entreprise, n’avaient jamais vu ça. « Il y a toujours eu quelques conflits. Mais jamais aussi longs. Cela aura permis de resserrer les liens entre nous », assure-t-il. Du soutien, il en aura fallu. « Pour certains salariés, ça devenait dur financièrement, avoue Lilan Brunet. Certains ouvriers se sont prêtés de l’argent entre eux. » Les syndicats du Pays de Redon ont aussi mis la main à la poche, pour aider certains salariés.

Lilian Brunet tient en main les banderoles des syndicats. « On remet tout en place à l’entrée du parking », lance-t-il. Le piquet de grève est bien fini. Jeudi, les salariés reprennent le travail.

Ouest France 14/07/2010

Répondre à cet article