GM Strasbourg officiellement repris par l’américain General Motors Company

Samedi 7 août 2010, par cclpv // General Motors

STRASBOURG — Le géant américain de l’automobile General Motors Company (GMC) a officiellement racheté pour un euro symbolique son site de Strasbourg, une vente au goût amer pour les 1.150 salariés contraints à d’importants sacrifices mais qui éloigne le spectre de la fermeture.

L’accord de reprise a été signé le 30 juillet "aux Etats-Unis" entre GMC, basé à Detroit et détenu à 60% par l’Etat américain, et l’actuel propriétaire de GM Strasbourg, Motors Liquidation Company (MLC), a indiqué vendredi à l’AFP un porte-parole de la direction du site alsacien.

Avec la déroute du géant américain, en proie à un endettement colossal, MLC avait été chargé de liquider ses actifs, parmi lesquels le site alsacien spécialisé dans les boîtes de vitesse et en vente depuis août 2008.

"Il faudra compter deux mois avant que la vente" de l’usine "ne soit totalement effective, notamment pour des questions administratives et financières", a expliqué le porte-parole.

La Cour des faillites de New York doit notamment donner son avis sur la reprise, MLC étant toujours sous le régime américain des faillites, a-t-il dit. L’audience doit se tenir le 7 septembre et l’avis devrait être rendu "très vite", a-t-il précisé.

Si les salariés sont désormais assurés d’avoir un repreneur, la pilule risque d’être amère : GMC avait en effet conditionné le rachat à un gel des salaires sur deux ans, pas d’intéressement jusqu’en 2013 et une renonciation à plus d’un tiers des 16 jours de RTT actuels, soit une baisse de 10% du coût de la main d’oeuvre.

En contrepartie, GMC s’engage à reprendre l’ensemble du personnel et à fournir un carnet de commandes conséquent jusqu’en 2014.

L’annonce du rachat "intervient plus rapidement que l’on ne pensait. On ne l’attendait pas avant fin août", a réagi Roland Robert, délégué CGT à GM Strasbourg et leader de la fronde anti-GMC.

Réitérant son opposition au projet industriel "vide" porté par le géant de Detroit, il a indiqué que son organisation allait rester "très vigilante" et a prédit une "dégradation" des conditions de travail.

Les autres délégués syndicaux n’étaient pas joignables en milieu d’après-midi. L’usine strasbourgeoise est actuellement fermée, la production ne reprenant que le 16 août.

Longtemps dans l’incertitude quant à l’identité et à la possibilité même d’un repreneur, les salariés de GM Strasbourg s’étaient prononcés mi-juillet lors d’un vote interne à plus de 70% en faveur du projet de GMC, présenté comme celui de la dernière chance.

Dans la foulée, CFDT (majoritaire), CFTC et FO avaient ratifié un accord avec la direction du site, au grand dam de la CGT, opposée dès le début au projet de GMC qui marquait selon elle un "recul social".

Fin juillet, le comité d’entreprise avait aussi donné son feu vert.

La semaine dernière, CGT et direction avaient finalement signé un texte dans lequel le syndicat réaffirmait son refus de signer le projet tout en s’engageant à ne pas l’attaquer en justice, tandis que GMC renonçait à conditionner sa reprise à la signature des quatre syndicats.

Cet accord intervenait au terme de plusieurs semaines de négociations souvent tendues : le 23 juillet, une dizaine de délégués CGT avaient été bloqués une partie de l’après-midi dans leur local par des salariés.

L’usine de Strasbourg, que GMC veut rendre compétitive avec un site mexicain, employait il y a dix ans près de 3.000 salariés. Mais au fil des années et des plans de départs volontaires, ses effectifs ont fondu.

GM Strasbourg fabrique annuellement 270.000 boîtes de vitesse, à parts quasi égales pour BMW et General Motors.

AFP, le 6 août 2010

.


.

Communiqué de presse de la CGT General Motors Strasbourg
Le 28 juillet 2010

Face à l’annonce erronée par de nombreux médias et politicien(ne) selon lesquels la CGT aurait signé, voici la réalité :

Oui, la CGT a signé ce mercredi 28 juillet 2010 un document.

Ce document est issu de négociations entre la direction de GM Company représentée par Stephen Jenkins et le Directeur de la direction départementale du travail.

La direction de GM Company, représentée par Stephen Jenkins a signé ce document par lequel elle recule sur sa prétention à obtenir la signature des quatre syndicats pour engager les négociations d’acquisition de GM Strasbourg par GM Company.

Que la direction et certaines personnes communiquent que la CGT a signé « l’accord » est un mensonge de plus.

Ces gens ne veulent évidemment pas reconnaître qu’ils ont dû reculer car ils perdraient la face.

Par cet engagement, GM Company reconnaît à la CGT le droit de ne pas signer le recul social qu’elle impose.

Quant à la petite phrase par laquelle nous renonçons à contester l’accord, c’est une farce car pour contester un accord, il faut avoir plus de 50% des voix aux élections professionnelles. Ce qui n’est pas notre cas !

Nous n’avons cessé de dénoncer ces exigences devant tous les salariés et nous n’en sommes pas signataires (écrit noir sur blanc dans l’accord d’engagement) !

Ce recul de GENERAL MOTORS COMPANY montre que rien ne peut obliger des travailleurs et leurs organisations syndicales à s’incliner devant les diktats patronaux.

Syndicat CGT General Motors Strasbourg
Le 28 juillet 2010.

.


.

Déclaration commune de la Cgt, de la Fédération des Travailleurs de la Métallurgie et l’Union Départementale 67

.


.

Répondre à cet article