Nouvelles inquiétudes chez ArcelorMittal

Vendredi 1er octobre 2010, par nico // ArcelorMittal

C’est une bien mauvaise nouvelle que les salariés d’ArcelorMittal à Montataire ont apprise hier. Leurs délégués CGT ont profité d’une distribution de tracts appelant à manifester demain contre la réforme des retraites pour les avertir. Ce matin, à 8 h 30, la direction annoncera des mesures de chômage partiel lors d’un comité d’établissement (CE) extraordinaire.
Arcelor aurait déposé une demande auprès de la direction départementale du travail pour un nouveau volume de 22 000 heures de chômage. Et ce rien que pour le quatrième trimestre de l’année 2010. A titre de comparaison, en 2009, ce volume atteignait 45 000 heures, mais pour toute l’année.

Les modalités exactes seront divulguées ce matin, mais les jours de chômage devraient être répartis sur octobre, novembre et décembre et concerner une grande partie du personnel, à l’exception du centre de recherches et de certains cadres. Ce chômage partiel devrait aussi toucher de plein fouet les sous-traitants. « Certains ateliers en sous-charge seront touchés directement, précise Joël Mazure, délégué syndical CGT chez ArcelorMittal. Ils ajustent en fonction du carnet de commandes. » Aussitôt, il s’emporte : « Quand cela va-t-il s’arrêter ? Et la pérennité du site de Montataire ? » Car, de la bouche même du syndicaliste, « les choses ne vont pas trop bien en ce moment ». Depuis ce matin, deux services — le laquage et la galva — sont sous l’égide du même responsable. Cette fusion en rappelle une autre à Joël Mazure. « En 2004, ils ont procédé de la même façon et, à terme, l’un des services a fermé. Nous sommes un peu échaudés. » Et puis il y a ce qu’ici on appelle le COS, « une sorte de cabinet d’audit interne, chargé de rationaliser les méthodes de travail ».

Effectif réduit de moitié en six ans

« Rationaliser, ça veut dire réduire le coût de la main-d’œuvre », traduit un cégétiste. « Que la direction veuille progresser, être plus rentable pour préserver les emplois, soit. Mais, aujourd’hui, on constate que l’emploi fout le camp », renchérit Joël Mazure. Les chiffres parlent pour lui. En six ans, le géant de la sidérurgie a réduit son effectif de moitié à Montataire. Les salariés étaient 1 241 sur ce site en 2004, ils n’étaient plus que 613 en juillet. Et seulement 474 aux fonctions de production et de support.
Contactée hier par « Le Parisien », la direction n’a pas souhaité communiquer avant de s’être exprimée devant le CE.
Le Parisien le 01/10/04

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