Montataire (Oise) : la direction menace de fermer Goss

Dimanche 31 octobre 2010, par cclpv // Goss

En comité d’Entreprise, la direction de Goss aurait menacé de fermer l’usine de rotatives si le plan de licenciement de 311 personnes n’était pas signé par les syndicats en novembre.

« Désormais, la direction nous menace carrément du dépôt de bilan si nous n’acceptons pas le plan social ! » peste William Paris, délégué du personnel au comité d’entreprise (CE) de Goss. Hier matin, les représentants des salariés de l’usine de rotatives ont interrompu une réunion du comité d’entreprise, estimant être ballottés plus que de raison par leur direction.

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Communiqué de presse de la CGT de Goss Montataire du 29 octobre 2010

Le mois dernier, un an après avoir vu son précédent plan social annulé par le tribunal de Senlis, la direction avait annoncé vouloir se séparer de 311 des 623 employés du site oisien. Une autre usine du groupe est aussi fragilisée à Nantes, où se trouvent près de 130 ouvriers.

Coïncidence ? Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, avait prévu hier un passage rue Ambroise-Croizat devant Goss pour soutenir les salariés. C’est donc entouré d’une poignée d’élus PCF, de militants politiques et syndicaux des entreprises en difficulté du secteur qu’il a eu la primeur des derniers développements.

« La direction n’y est pas allée par quatre chemins, enchaîne William Paris. Elle a dit que si nous traînions les pieds, que si nous ne signions pas avant fin novembre, il n’y aura pas de plan social. Elle sera amenée à fermer Montataire et peut-être Nantes, et la responsabilité en incombera uniquement au comité d’entreprise ! On veut vraiment nous mettre la pression. » Lancé depuis un mois, ce plan social doit affecter tous les services, plus particulièrement les ateliers. « La direction nous présente ainsi la situation : Nous avons tant de personnes à virer avec un tel budget, vous dites oui, c’est tout ! renchérit un autre délégué. Et comment va-t-on nous garantir l’après-plan et la pérennité des emplois sauvés ? De toute façon, depuis notre rachat par Shanghai Electric, nous galérons pour obtenir des informations. Pourtant, voici quelques jours, le tribunal de Senlis a condamné la direction à fournir des documents. Malgré la décision de justice, nous ne voyons rien venir, et notre cabinet expert ne peut travailler correctement. »

Pierre Laurent a assuré les Goss de son appui : « La légitimité est de votre côté. Je vais essayer de donner une résonance nationale à votre bagarre. Je vais écrire à Estrosi (NDLR : ministre chargé de l’Industrie) pour défendre votre cause et populariser votre combat. »

« Plus fort, conclut un délégué. Maintenant, on nous demande même de faire presser les collègues pour finir les machines en cours. En somme, c’est : Travaillez plus vite pour être virés plus vite !... » Sollicité, le directeur, Théo Buchmeyer, ne nous a pas recontactés hier.

Le Parisien 22/10/2010

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