Aulnay-Sous-Bois : l’usine Peugeot Citroën réduit encore ses effectifs

Mardi 30 novembre 2010, par cclpv // PSA

Un mois et demi après la suppression de son équipe de nuit, l’usine PSA Peugeot Citroën d’Aulnay-sous-Bois annonce la suppression de 280 postes liée à une baisse de son activité.

L’usine PSA Peugeot Citroën d’Aulnay continue à se vider. Début octobre, elle laissait partir environ 500 intérimaires (sur un total de 800). La direction du site annonce aujourd’hui la suppression de 280 postes environ au sein des ateliers. La mesure concerne surtout les ouvriers (montage, maintenance, retouche, contrôle…). Elle sera progressive, puisqu’elle doit s’appuyer sur des départs volontaires, des démarches de reconversion ou de mobilité au sein du groupe.

Le site (qui compte 3600 salariés) avait semblé épargné par la crise. Mais alors que son voisin yvelinois de Poissy affiche une santé insolente, porté par le succès de la DS3, l’usine d’Aulnay a dû faire face à la morosité du marché européen. Ses C3 n’ont pas remporté le succès escompté. Début octobre, elle ralentissait la cadence avec l’arrêt de l’équipe de nuit. La production diminuait alors d’un tiers (de 1024 à 684 véhicules par jour). Pour la direction, les équipes sont aujourd’hui en sureffectif.
Une appréciation que ne partage pas du tout la CGT. Le syndicat estime surtout que le constructeur viole ses engagements en matière d’emploi. Au moment où la crise touchait le secteur de plein fouet, le groupe avait en effet signé une convention avec l’Etat lui permettant de recevoir des aides. En échange, il s’est engagé au « maintien des emplois » pour une durée équivalant au double de la période couverte par la convention. Pour le site d’Aulnay, cet engagement court jusqu’à fin 2011. « PSA a reçu de l’argent public, mais ne respecte pas l’accord signé », affirme Jean-Pierre Mercier, délégué central CGT. Ce que la direction conteste : « Il ne s’agit pas de licenciements secs mais de départs volontaires ou de mobilité interne, ce qui est tout à fait conforme au texte signé », affirme une porte-parole.
Celle-ci insiste sur les mesures d’accompagnement. Ainsi, les salariés effectuant une période d’essai à l’extérieur pourront revenir si l’expérience n’est pas concluante. L’usine a récemment organisé une journée d’information sur les activités dans les autres sites du groupe. Mais la CGT, dont un délégué est aujourd’hui menacé de licenciement, évoque un « climat de tension » et d’inquiétudes.

Le Parisien 18/11/2010


Un syndicaliste menacé de licenciement

Du côté de la direction, on parle de « faits inacceptables ». La CGT dénonce un « harcèlement ». Un jeune délégué syndical de l’usine d’Aulnay, Ahmed Berrazzel, est aujourd’hui menacé de licenciement. Il est convoqué pour un entretien préalable mardi. Il conteste les accusations de la direction.

Selon la CGT, cette dernière l’accuserait de coups et blessures à l’encontre d’un chef d’équipe, à la suite d’un débrayage au sein de l’usine, le 25 octobre. Le syndicaliste a déjà été sanctionné à plusieurs reprises au cours des dernières années. En avril dernier, l’inspection du travail avait écrit au directeur de l’usine, émettant de sérieuses réserves sur les sanctions prises et leurs motivations. La direction refusait hier de s’exprimer sur la procédure en cours, en affirmant toutefois que la sanction envisagée n’avait rien à voir avec le mandat syndical du salarié en question.

Le Parisien 18/11/2010

Répondre à cet article