Dole : les ouvriers d’Ideal-Standard ont enterré à leur façon leurs emplois perdus

Jeudi 10 mars 2011, par cclpv // Ideal Standard

Des salariés de l’usine de sanitaires doloise, promise à la fermeture, ont dressé hier matin un cimetière des emplois brutalement enterrés par la direction du groupe à Dole et à Revin, soit cent soixante-trois tombes symbolisées par des cuvettes de WC impropres à la vente.

Des croix en bois ont ensuite été dressées sur chacune des cuvettes. L’installation, mise en place dans l’enceinte de l’usine, est visible du rond-point.

De nombreux automobilistes de passage samedi matin klaxonnaient pour exprimer leur solidarité avec les salariés de l’usine.

Le 24 février, les salariés avaient déjà érigé une statue avec des lavabos au rond-point.

Cette fois, le message en dit long sur le ressenti des salariés sacrifiés.

Le Progrès 6 mars 2011


Avant une semaine qui s’annonce capitale dans les négociations avec Ideal Standard Les « Porcher » ne lâchent rien

« Au secours, on nous assassine ! » titre le tract distribué par les salariés d’Ideal Standard, hier, entre 11 heures et 14 heures. L’appel est on ne peut plus clair.

« Contre la fermeture de Porcher » affichait la pancarte du plus jeune manifestant, Théo, 9 ans, fils d’un des ouvriers revinois.
Et que ce soit en bas de la côte des Mazures ou sur le pont de Fumay, beaucoup d’automobilistes ont manifesté leur solidarité avec le mouvement.

« C’est normal. Pour Revin, ce serait vraiment catastrophique de perdre 148 personnes et leurs familles », confie une conductrice, acceptant, avec le sourire, l’affichette de l’intersyndicale.
« Cela nous permet de continuer à faire parler de notre combat et d’Ideal Standard », précise James Thierry, représentant de l’intersyndicale.

Cette action pour « la sauvegarde de l’emploi » sera renouvelée tous les quinze jours, sur Revin ou ailleurs dans les Ardennes.
Entre-temps, le bras de fer entre syndicats et direction continue.
La direction veut changer les horaires

Cette semaine s’annonce, en effet, chargée pour les représentants du personnel. De lundi après-midi jusqu’à vendredi, ils seront à Dole (Jura) pour discuter et retravailler le livre II, qui traite de la partie économique. Le rapport de l’expert, qui se prononcera sur la viabilité ou non du site, devrait d’ailleurs être rendu dans les prochains jours.
Ils rentreront ensuite, en principe, dans le vif du sujet. Le livre I comprenant toute la partie sociale, notamment, le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) sera à nouveau à l’ordre du jour le vendredi 11 mars.

« Nous estimons aujourd’hui que les propositions de la direction dans le cadre du PSE ne sont pas exceptionnelles. Nous allons donc travailler pour qu’elles le soient », précise James Thierry.
Et l’intersyndicale aura aussi fort à faire le lundi 14 mars, où se tiendront, à Revin, trois réunions extraordinaires.

Deux pour parler des livres I et II et la troisième suite à la demande de la direction de changements d’horaires. Sur ce dernier point, l’intersyndicale annonce d’ores-et-déjà qu’elle sera, là aussi, extrêmement vigilante.

« Nous savons le nombre de pièces que nous devons sortir. Nous serons fermes et très vigilants si la direction veut nous faire faire les deux huit pour une question de surproduction et stocker des éviers en vue de la fermeture du site de Revin », souligne James Thierry.
Le combat des salariés revinois et rolois est donc encore loin d’être terminé. À suivre…

L’Union 6 mars 2011

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