Des salariés de Lafarge en grève de la faim contre la fermeture d’une usine

Mercredi 21 septembre 2011, par cclpv // Lafarge

Douze salariés de l’usine Lafarge de Frangey et le maire de cette commune de l’Yonne ont entamé mardi 20 septembre une grève de la faim devant le siège de l’activité cimenterie du groupe à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) pour dénoncer la fermeture du site.

"Nous sommes déterminés à aller jusqu’au bout et nous resterons ici jusqu’à ce que le projet de fermeture soit abandonné", a affirmé Florent Gaden, délégué CFDT de l’usine Lafarge de Frangey (Yonne), où une grève a été lancée lundi soir.

En tenue de travail orange et vertes, les grévistes ont installé un petit campement de cinq tentes dans lesquelles ils ont placé des lits de camps avec des couettes et tout l’équipement nécessaire pour tenir plusieurs jours.

Le groupe Lafarge Ciments avait annoncé en mai la fermeture, fin 2012, de son usine de Frangey, employant 74 salariés, en raison notamment d’une surcapacité des fours par rapport au marché national et d’un coût de production élevé. Le site était en activité depuis 1930.

"Nous sommes confrontés à une désertification" et "il y a un moment où il faut taper sur la table pour arrêter cela", a déclaré le maire sans étiquette de Lezinnes (commune dont dépend Frangey), Jean-Claude Galaud, également en grève de la faim.

Contactée par l’AFP, la direction de Lafarge Ciments a dit souhaiter "poursuivre son projet de cessation d’activité tout en continuant à maintenir le dialogue social et en proposant différentes mesures d’accompagnement". "Ce qui guide ce projet, c’est le manque de perspective bourguignonne", a expliqué une porte-parole de la direction, Elise Ginoux.
Cette dernière a démenti "toute entente avec d’autres cimentiers concurrents", contrairement aux affirmations des syndicats qui dénoncent "une réorganisation des marchés par les cimentiers français".

Début juin, à l’appel d’une intersyndicale (CGT, CFDT, FO, et CFTC), les salariés de Lafarge Ciments avaient bloqué pendant quatre jours les cimenteries du groupe accusant la direction d’avoir pour objectif de fermer, outre l’usine de Frangey dans l’Yonne, plusieurs autres sites.

Premier cimentier mondial, Lafarge emploie 8.000 personnes en France et 76.000 dans le monde. Le groupe est présent dans 78 pays. Son chiffre d’affaires, en 2010, s’est élevé à 16,2 milliards d’euros, dont 60% dans le ciment, 32% dans le béton et les granulats, et 8% dans le plâtre.

Le Moniteur - 20 septembre 2011

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