Fonderies du Poitou : "la seule riposte valable, c’est une lutte unitaire, coordonnée et solidaire"

Vendredi 30 septembre 2011, par cclpv // FPDA

Après le chantage aux salaires, le chantage à l’emploi. Voilà la dernière « nouveauté » de la direction du groupe Montupet qui réfléchirait à un plan social, puisque nous continuons à nous opposer au plan de compétitivité et ses 25% de perte de salaire. Mais les salariés de la Fonderie du Poitou Aluminium (FDPA) ne tremblent pas devant ces menaces. Parce que nous savions depuis le début que, de toute façon, il s’agit bien de l’objectif final de Montupet, un PSE (plan de sauvegarde de l’emploi), le mal nommé. Il suffit de demander à ceux qui ont eu à subir ce genre de plan, comme nos anciens voisins de Châtellerault, 
les ex-New Fabris. Combien sont toujours sans emploi depuis la fermeture de cette entreprise...

La restructuration de la filière automobile française ne laisse rien présager de bon pour les travailleurs : fermetures de sites, suppressions d’emplois, attaques sur les salaires... Alors, bien sûr, tous ceux qui sont sensibles à notre situation, chez nous à FDPA, peuvent manifester leur solidarité en participant à notre comité de soutien : Comité d’entreprise Fonderie du Poitou Aluminium, zone industrielle de Saint-Ustre, 86220 Ingrandes-sur-Vienne. Envoyez vos dons à l’ordre de : CSSFPAL (Comité de soutien aux salariés de la Fonderie du Poitou Aluminium en lutte). Ils peuvent aussi nous soutenir par de simples messages ou quelque geste que ce soit.

Mais il faut un jour se rendre compte qu’il faut passer de la solidarité passive à la solidarité active. Ce que j’appelle la solidarité active, ce sont des actions comme l’appel, à l’initiative de l’UD-CGT de la Vienne, d’une journée de grève reconductible hier à Poitiers, c’est l’appel de la Fédération 
des travailleurs de la métallurgie 
à un rassemblement des salariés 
de l’automobile devant l’entreprise de Montupet Châteauroux le jeudi 29 septembre à 10 h 30. Parce que la seule riposte valable face au cynisme du monde capitaliste, c’est une lutte unitaire, coordonnée et solidaire.

Tony Garrot - secrétaire du syndicat CGT de la Fonderie du Poitou

L’Humanité 23 septembre 2011


Métallos des Fonderies du Poitou et de Montupet-Châteauroux : même combat ?


Près de 700 métallurgistes de la filière automobile, dont plus de la moitié de Fonderie Poitou Alu, ont manifesté hier dans les usines Montupet, dans l’Indre.

Notre ouvre-boîtes fonctionne bien, non ? La grille de l’usine vient de céder. En quelques minutes, les sites industriels Montupet et F2R situées zone de la Martinerie à Diors, près de Châteauroux, deviennent enclave syndicale. L’Internationalerésonne entre les lingots d’aluminium. Les drapeaux s’engouffrent entre les jantes du Qashqai et de la 3008.

L’appel lancé par les métallos de Fonderie Poitou alu a été entendu bien au-delà du Berry. Quelque 700 ouvriers ont convergé de Blanquefort, La Rochelle, Le Mans, Bourges mais aussi de la région parisienne. Hier, il n’y avait plus de marque automobile, les Renault partageant la même détresse que leurs collègues de Peugeot ou Ford. Car c’est toute la filière qui se retrouve confrontée à une gymnastique éprouvée : baisse de salaires, délocalisation de l’outil de travail et licenciements.

"Battez-vous avec nous !"

Si la locomotive du mouvement est poitevine, c’est parce que l’annonce du plan de compétitivité annoncé par la direction en juillet dernier (prévoyant une baisse des salaires de 25%) ne passe pas. Les Fonderies châtelleraudaises (Ingrandes) sont à l’arrêt depuis un mois. « La direction perd entre 250.000 et 300.000€ par semaine, plus d’un million d’euros depuis le début du mouvement, souffle un métallo poitevin, si nous acceptons leur plan, on perd trois mois de salaire. Autant perdre tout de suite cet argent en faisant grève. »

La perte salariale, c’est déjà le quotidien des Castelroussins. Solidaires, les Poitevins ont réclamé l’application de la même grille de salaire pour leurs voisins. Quelque 350€ en plus par mois, ça ne se refuse pas. « Rejoignez-nous, battez-vous avec nous, ils fermeront votre usine... », ont hurlé les Châtelleraudais à leurs camarades berrichons. La réaction ? Cette image aussi étonnante que pathétique : la tête basse, les ouvriers de Montupet ont tenté d’échapper au cortège poitevin en fuyant l’usine. Ici, la messe est dite.

A savoir. Stéphane Magnan, le P-DG de Montupet, sera-t-il au rendez-vous préfectoral à Poitiers aujourd’hui ? Les métallos de Fonderie Poitou Alu, qui souhaitent que le plan de compétitivité soit retiré, l’espèrent. Sinon, prévient Pascal Briand, secrétaire de l’UD CGT de la Vienne, « les gars vont monter d’un cran la semaine prochaine ».

Le quotidien de la Vienne - 30 septembre 2011


Diors. Les salariés de Montupet veulent bien parler de leurs conditions de travail. Mais anonymement.

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