Arcelor Mittal : « vallée morte » hier à Hayange

Dimanche 2 octobre 2011, par cclpv // ArcelorMittal

« Nous sommes dans la vallée, la vallée de l’acier. Et nous allons gagner ! Mittal tu vas payer, sinon on va t’crever ! Aux armes ! » Le combat est engagé. La place de la Mairie, à Hayange, hier à 14h, était noire de monde.

Tous solidaires contre « M. Mittal »

Ils étaient 1 300 : des élus de tous bords politiques, l’intersyndicale d’ArcelorMittal, la population, des retraités de la sidérurgie, les syndicats d’autres professions… L’appel « ville morte » lancé par Hayange, puis relayé par la communauté d’agglomération du Val de Fensch, a sonné comme un coup de semonce à l’encontre du patron d’ArcelorMittal.

Drapeaux, slogans… Tous les moyens étaient bons pour délivrer un message clair et fort : pas question de baisser les bras. La sidérurgie doit vivre dans la Fensch et ArcelorMittal doit mettre la main à la poche. « Notre force, c’est l’union », s’écrie le porte-parole de l’intersyndicale, avant que le cortège ne se mette en route. Et il ne s’est pas trompé. Les enfants de la vallée étaient au rendez-vous. « Nos parents ont travaillé dans la sidérurgie. Ils se sont battus pour obtenir tout ça. C’est pour cela que nous sommes là et nous sommes solidaires des salariés d’ArcelorMittal », témoignent Marie-Laure, Cathy et Liliane, de Neufchef.

La famille Hirsch, d’Algrange, est venue au grand complet. « On manifeste avec mon papa, car on veut qu’il garde son travail », glisse Alicia, la petite dernière, tout intimidée par la foule qui l’entoure. Ses parents, Natacha et Maurice, sont émus au moment où Philippe David, le maire de Hayange, et Michel Liebgott, le député, dévoilent la plaque « Place de la résistance pour le maintien de la sidérurgie en Lorraine », juste en face du portier Patural d’ArcelorMittal. Les applaudissements fusent. Mais les visages sont graves.

Face au cortège, quelques salariés de l’aciérie, en poste, s’attroupent derrière le portail. « On se sent impuissant même si on est touché par cette mobilisation », confie un jeune homme. « Hé les gars ! Vous auriez dû venir avec nous ! Je suis retraité et pourtant je suis là pour vous », les interpelle un ancien.

Seul bémol à cette belle solidarité : des échanges houleux entre des militants du Front national et des manifestants, au départ du cortège.

Le Républicain Lorrain - 2 octobre 2011

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