Ces entreprises qui taillent dans leurs effectifs

Vendredi 23 décembre 2011, par cclpv // actualité générale

A moins de 6 mois de la présidentielle, les dirigeants des groupes qui vont supprimer des emplois en 2012 préfèrent évoquer un gel des embauches ou des départs naturels non renouvelés.

L’heure est au dégraissage dans les entreprises françaises qui subissent de plein fouet la crise économique. Les plans d’économies s’enchaînent avec au programme notamment le gel des embauches et des salaires. A quelques mois de la présidentielle, ces annonces successives font tache. Les différentes directions tentent par tous les moyens de minimiser ce qu’il faut pourtant bien appeler des suppressions de postes. Challenges.fr fait le tour des principales annonces faites en cette fin d’année, secteur par secteur.

- Aéronautique

Selon La Tribune, Air France compte supprimer 2.000 postes en 2012. Pour cela, dans le cadre d’un plan d’économie de près de 800 millions d’euros d’ici à trois ans, les départs ne seront pas remplacés. La compagnie aérienne a toutefois formellement démenti ces "rumeurs". "Les mesures d’économie qui seront présentées mi-janvier aux instances de direction, au personnel et a leurs représentants sont en cours d’élaboration. Rien n’est arrêté à ce stade", a précisé un porte-parole.

- Automobile

PSA Peugeot Citroen a annoncé en octobre et novembre un plan d’économie pour 2012 visant à supprimer 6.000 postes en Europe dont 4.300 en France. Sur ce chiffre, 2.400 visent les prestataires extérieurs, et 800 intérimaires. Dans l’effectif permanent, la suppression de 1.900 postes se fera dans la production, la recherche & développement. Selon un document de la direction dont l’AFP a obtenu une copie, les principaux sites touchés seront Sochaux (223), Rennes (147), Aulnay (140), Mulhouse (110), Poissy (80). 400 postes devraient également être touchés dans d’autres directions (marketing, DRH,…) à Paris principalement et à Poissy (170).

- Banques

Crédit Agricole a été la dernière banque a faire part de la suppression de 2.350 postes dans le monde, dont 850 en France, essentiellement dans la banque d’investissement Cacib. A la Cacib, 1.750 postes seront touchés dans le monde, dont 550 en France. Dans sa filiale de crédit à la consommation, la CACF, 300 postes seront supprimés à l’étranger et 300 postes en France, selon FO. Le syndicat redoute des annonces à venir dans deux autres filiales du groupe, le Crédit agricole Leasing et factoring (Calef) qui compte 3.100 collaborateurs et le courtier Chevreux qui emploie près de 800 personnes dans le monde.

Société Générale a indiqué mi-novembre qu’elle comptait supprimer "des centaines d’emplois en France" et prendre des mesures d’austérité salariale. Le plan de suppression d’effectifs en France touchera principalement la banque de financement et d’investissement (BFI) et devrait être finalisé " au plus tard début 2012", avaient alors indiqué les syndicats.

BNP Paribas a annoncé en novembre la suppression de près de 1.400 postes dans sa banque d’investissement (CIB) dont 373 en France. L’institution de la rue d’Antin a toutefois déclaré ne pas vouloir recourir à des licenciements économiques. Le groupe emploie près de 200.000 personnes dans le monde dont près de 60.000 en France. BNP Paribas CIB compte 21.500 salariés dans 53 pays.

Le Crédit Foncier, qui a été renflouée à hauteur de 1,5 milliard d’euros par sa maison-mère, la BPCE, va réduire ses effectifs de 12% dans le cadre d’un plan de réduction de ses coûts et d’un repli de ses activités sur le marché français. "Notre objectif est de réduire les effectifs de 12%, soit environ 350 postes, exclusivement par des départs volontaires", avait indiqué son directeur général Bruno Deletré en novembre dernier. Ces suppressions de postes "devraient représenter la moitié des 80 millions d’euros d’économies annuelles" escomptées d’ici 2016 par une réduction de "12 à 13% de l’ensemble des coûts", a-t-il alors précisé.

- Energie

Areva a annoncé un plan stratégique avec un impact social sur l’emploi : 200 à 250 départs par an seront non remplacés. Son patron, Luc Oursel avait pourtant donné des gages au gouvernement sur l’emploi en France du groupe nucléaire public. Il a toutefois confirmé un gel des embauches "le temps nécessaire" pour ses effectifs non industriels dits "support" (finance, ressources humaines, administration, contrôle de gestion).

La CGT a avancé le chiffre de 1.200 départs non remplacés. Le plan d’Areva implique des réductions d’effectifs de 200 à 250 personnes par an, soit 1.000 à 1.250 salariés au total, si l’on prend en compte sa durée totale. Le plan stratégique court jusqu’en 2016.

- Presse

Le quotidien France Soir, sous protection de la justice (clause de sauvegarde) jusqu’à la fin de l’année, a supprimé son édition papier à compter du 15 décembre. Cette décision s’accompagne de la suppression de 89 postes sur 127 au total.

La direction des Journaux du Midi (JDM) a annoncé début octobre la suppression de 158 postes, dont 123 en CDI. Alain Plombat, le président du directoire avait alors précisé à l’AFP que ces suppressions de postes, "sur toute l’année 2012 et basées sur les départs volontaires", se décomposeront de la façon suivante : "68 pour Midi Libre, 27,5 pour L’Indépendant, 21,5 pour Centre Presse, 34 pour l’Imprimerie du Midi et 7 pour MidiMedia", société en charge de la publicité.

- Télécoms

Alcatel-Lucent estime que 360 postes sont menacés l’an prochain au sein de sa principale filiale française Alcatel Lucent France (ALF), des négociations avec les syndicats devant se poursuivre au 1er trimestre 2012.

- Tourisme

Nouvelles Frontières, condamné à une cure d’austérité après des résultats catastrophiques en 2011, va procéder à un plan social qui devrait toucher 400 postes pour 2012-2013. Marmara, Tourinter et Aventuria vont fusionner début janvier pour former TUI Travel France et devoir se serrer la ceinture.

Challenges - 15 décembre 2011

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