Les F2R attendent dans l’inquiétude

Vendredi 10 février 2012, par Victor Morrisset // F2R

Le 5 octobre dernier, les salariés de la Française de roues (F2R) à Diors s’avouaient complètement dépités : le Tribunal de grande instance de Châteauroux avait rejeté la procédure en référé du comité d’entreprise de F2R, visant à faire constater le délit d’entrave au CE et surtout d’exiger l’arrêt immédiat du démontage de certaines machines. Leur avocat, Daniel Guiet, avait fait appel de cette décision. Cependant, la Cour d’appel de Bourges, dont l’audience s’est tenu lundi, n’a toujours pas tranché. Elle a mis son jugement en délibéré pour le 8 mars.

" On dépouille une usine pour une autre "

Ce sursis est-il de nature à rassurer les salariés ? « Les dernières machines (six au total) sont parties du Havre, le 10 janvier, s’insurge Patrice Perrot, délégué CFDT. C’est vrai, ces machines ne tournaient pas, mais c’est un outil de production. On dépouille une usine pour une autre. ». Le délégué s’étonne : « En cas de surplus de commandes, nous ne pourrions plus répondre, avec la conséquence de perdre un client ». Patrice Perrot, ainsi que le CE, dénonce le procédé : « On vend nos machines aux Indiens. A quel prix ? Nous n’avons jamais vu les contrats de vente et même l’inspection du travail les a demandés. Le démontage a aussi un coût et nous n’avons pas de réponses à ces questions que nous estimons essentielles ». L’avenir de la Française de roues, dans le giron indien de Deltronix, inquiète le syndicaliste : « Nous ne savons rien sur les promesses d’investissements, sinon un nouveau four en février pour en remplacer un autre, et l’on assiste à une baisse lente, mais sûre, des effectifs ». Patrice Perrot aimerait afficher davantage de confiance. En espérant que la cour d’appel n’abonde pas dans le sens du Tribunal de grande instance de Châteauroux qui a déjà validé le transfert des machines en Inde.

Jacky Courtin


La Nouvelle République le 2 février 2012

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