Pépinière Delbard - Montluçon : en lutte contre la menace de 120 licenciements

Lundi 27 février 2012, par Victor Morrisset // Delbard

Installées à Malicorne, près de Montluçon, sur 600 hectares, les pépinières et roseraies Delbard sont prétendument en proie à des difficultés financières, ce qui sert de prétexte à des suppressions d’emplois. Depuis des mois, le personnel est mobilisé pour sauvegarder les 122 postes qui restent.

Delbard a été racheté en 2005 par la famille Torck, propriétaire du groupe de prêt-à-porter Camaïeu, via la holding Ariane. En 2010, Nalod’s, un autre groupe de jardineries basé à Saint-Étienne, a repris 20 % du capital. En avril 2011, un prétendu Plan de sauvegarde de l’emploi a consisté surtout à prévoir la suppression de vingt postes et, en novembre, le redressement judiciaire est intervenu, une étape vers la fermeture et le licenciement du personnel.

En janvier 2012, le tribunal de commerce de Montluçon qui devait statuer sur le sort définitif de l’entreprise a accordé un délai jusqu’au 15 février pour que des repreneurs se manifestent. Il s’agit notamment de l’un des membres de la famille Delbard qui déclare froidement qu’il ne garderait que treize personnes, celles du service de recherche.Un autre repreneur, les fonds Azimuth, offre d’en garder 70 sur 122. Le maire UMP de Montluçon est venu raconter au personnel qu’il faudrait faire entièrement confiance à un autre groupe industriel, True Seeds, « mais qu’il lui faut du temps ». Complaisant, le tribunal de commerce a reporté sa décision au 16 mars.

Les travailleurs de chez Delbard en ont assez de ces atermoiements et de ces fausses promesses. Élection présidentielle oblige, ils recoivent le soutien de candidats et d’élus locaux. Mais le meilleur soutien moral est venu sans doute des plus de 600 manifestants qui ont défilé dans Commentry mardi 7 février, pour s’opposer à la fermeture, ainsi que des travailleuses de chez Lejaby, venues encourager ceux de Delbard : « Surtout, restez mobilisés ! Il ne faut pas tomber dans le désespoir », ajoutant fort justement : « Sans notre mobilisation, nous serions tous au chômage ».


Lutte Ouvrière le 24 février 2012

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