Grève à la Fonderie du Poitou d’Ingrandes

Mercredi 7 mars 2012, par Victor Morrisset // FPDA

Les salariés de la Fonderie du Poitou Aluminium (FDPA) d’Ingrandes (Vienne), placée en redressement judiciaire, ont lancé mardi un mouvement de grève pour interpeller les pouvoirs publics sur le sort de leur entreprise, a-t-on appris de source syndicale .
Les salariés, réunis en assemblée générale, ont voté pour 24 heures reconductibles le blocage des deux sites de production, la Fonderie
du Poitou Aluminium et la Fonderie du Poitou Fonte.

"Sur le site de production de fonte, on bloque uniquement les entrées et sorties des véhicules et des matières premières, sans empêcher les salariés de rentrer, mais tout est bloqué sur le site de FDPA", a précisé à l’AFP le secrétaire CGT au comité d’entreprise, Eric Bailly.
"Nous voulons montrer qu’on existe encore, que notre intérêt c’est toujours de sauver nos emplois et l’entreprise", qui fabrique des culasses principalement pour le groupe Renault, a-t-il ajouté.

La FDPA, qui emploie plus de 450 personnes, a été placée en redressement judiciaire le 20 octobre par le tribunal de commerce de Nanterre, le siège du groupe propriétaire Montupet, se trouvant à Clichy (Hauts-de-Seine).
Les syndicats demandent la réintégration du site au sein de Renault, qui a fondé la FDPA en 1979 avant de la revendre en 1998.

Mi-janvier, le ministre de l’Industrie, Eric Besson, a annoncé que le groupe automobile, détenu à 15% par l’Etat, allait commander en 2012 quelque 600.000 culasses à FDPA et porter ses commandes à 900.000 unités en 2013, sans envisager une reprise.
"Notre sort est toujours dans les mains de Renault, on voudrait y voir clair", a encore expliqué Eric Bailly.

Montupet, le français Arche et l’américain Aiken ont déposé des offres de reprise, tandis que le groupe GMD, basé à Saint-Etienne, et la société Saint Jean Industries, ont fait part de leur intérêt.
Les salariés ont d’ores et déjà rejeté le plan de continuation proposé par Montupet.

"Les volumes de pièces à fabriquer, annoncés (...) pour les quatre années qui viennent, nous apparaissent insuffisants pour assurer la rentabilité du site", indique dans un courrier adressé au tribunal de commerce de Nanterre l’intersyndicale, dénonçant également "l’impossibilité totale de dialogue social avec le groupe Montupet".

AFP


Le Parisien le 6 mars 2012

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