Plans sociaux chez Microsoft France, Bouygues Telecom et SFR

Jeudi 5 juillet 2012, par lohann // actualité générale

On dirait que rien ne va plus dans l’hexagone ! Trois grosses entreprises des domaines de l’IT et des télécommunications ont annoncé au cours des dernières heures des plans de restructuration et des mesures d’économies. De nombreux postes pourraient être supprimés.

C’est d’abord Microsoft France qui s’est affiché au coeur de la tourmente, avec la survenue d’un contrôle fiscal la semaine dernière, puis un changement dans sa direction (Eric Boustouller étant remplacé par Alain Crozier) et l’annonce d’un plan de restructuration qui devrait entraîner la suppression de 30 postes de la division Advertising et Online (en particulier les personnes travaillant en régie et sur Bing, d’après la Tribune).

Ce sera le premier plan social de l’histoire de Microsoft France. Il a été présenté en comité d’entreprise et sera basé sur les départs volontaires, et aurait été motivé par "une situation difficile sur le marché de la publicité en ligne".

Bouygues va supprimer 556 emplois

Si le marché de la publicité Web est perturbé, celui de la téléphonie mobile l’est tout autant en France, suite à l’arrivée de Free Mobile. Ce grand "coup de pied dans la fourmilière" pousse les autres opérateurs à revoir leurs stratégies, et leur organisation. Si hier, Bouygues envisageait un plan de départs volontaires, nous en savons plus aujourd’hui. Ce sont 556 postes qui sont concernés par le plan de départs volontaires qui a été présenté hier en Comité central d’entreprise. "Ce plan repose intégralement sur le volontariat et la mobilité interne" et vise à permettre à l’entreprise de "sauvegarder sa compétitivité" face à Free Mobile, comme l’a déclaré son secrétaire général Didier Casas à l’AFP. Bouygues souhaite que le plan soit exécuté avant la fin de l’année, et ajoute que "le contexte économique dans lequel se trouve l’entreprise est difficile. Le secteur est profondément déstabilisé en raison des conditions d’arrivée du nouvel opérateur et de la guerre des prix qui en a résulté".

Ce matin, Olivier Roussat, le DG de l’opérateur, a enfoncé le clou dans les colonnes du Parisien en se plaignant d’un certain favoritisme envers Free : "Ça n’est pas tant l’arrivée d’un quatrième opérateur que les conditions avantageuses de son arrivée qui sont en cause. On nous oblige à jouer à armes inégales. Free a pu commencer son activité sans avoir à investir réellement dans son réseau grâce à son contrat qui lui permet d’utiliser celui d’Orange. Free n’a investi en 2011 que 142 M€, contre 600 pour Bouygues Télécom. Les indicateurs se sont encore dégradés depuis car non seulement nous avons perdu des abonnés, mais le revenu par abonné a baissé".

Il a ensuite tenu à souligner que l’offre low-cost de Bouygues, B&You, "gagne de l’argent", mais "beaucoup moins que les 40 % de marge que fait Free".

SFR booste son plan d’austérité

Quant à SFR, l’entreprise a présenté hier un plan stratégique en comité central d’entreprise dont le but est de parvenir a réaliser un milliard d’euros d’économies en deux ans. Selon le Wall Street Journal, SFR envisagerait de baisser ses coûts de 450 millions d’euros en 2012, et de 500 millions d’euros supplémentaires en 2013. De plus, un plan de départs volontaires (dont l’étendue n’aurait pas encore été chiffrée selon SFR) sera présenté aux syndicats au mois de novembre. Là encore, la raison invoquée est de "restaurer sa compétitivité" après l’arrivée de Free Mobile. Une nouvelle refonte des offres serait aussi prévue.

Enfin, HP France a aussi annoncé la suppression de 520 emplois hier. Les temps sont durs.

L’informaticien - Le 04 juillet 2012

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