Manifestation au Salon de l’Automobile

Vendredi 12 octobre 2012, par lohann // convergence des luttes

Environ 2.000 personnes ont pris part dans la matinée du mardi 9 octobre, au Mondial de l’automobile à Paris à une manifestation pour la défense de l’emploi, marquée par des incidents qui ont fait quatre blessés légers chez les forces de l’ordre, selon la préfecture de police.

Des salariés d’une vingtaine d’entreprises connaissant ou ayant connu des difficultés, dont PSA, ont manifesté au Mondial pour protester contre les licenciements alors que le chômage est au plus haut et que les annonces de plans sociaux se succèdent.

Un petit groupe de manifestants a voulu pénétrer dans l’enceinte de l’exposition aux cris de "on va rentrer, on va rentrer, aucune usine ne doit fermer". Ils en ont été empêchés par les forces de l’ordre, qui ont répliqué par trois vagues de gaz lacrymogènes.

Des manifestants se sont ensuite mis à lancer sur elles divers projectiles, dont des pavés et des plantes déracinées des jardinières aux alentours. Les forces de l’ordre ont alors de nouveau tiré des gaz et avancé, tandis que les protestataires reculaient.

"On a décidé de se battre"

Peu après, des responsables CGT appelaient les personnes présentes à quitter les lieux pour rejoindre une manifestation, pour la défense de l’emploi et de l’industrie, entre la place d’Italie et Montparnasse. Ce défilé est organisé par la CGT dans le cadre d’une journée nationale d’actions dans huit villes, dont Paris.

Quatre gendarmes ont été blessés dans ces échauffourées, selon la police qui a précisé n’avoir procédé à aucune interpellation.

Outre PSA, des salariés de Faurecia, ArcelorMittal, Goodyear, Continental, Sanofi, 3 Suisses, Fralib, et Samsonite notamment s’étaient donné rendez-vous et ont été rejoints par des dirigeants de petites et moyennes entreprises, las de leurs difficultés et de l’attitude des banques, ont-il expliqué à l’AFP.
Parmi les manifestants, figuraient aussi une vingtaine de Licenci’elles, ex-3Suisses, se voulant apolitiques et sans étiquette syndicale.

L’une d’elles, Séverine Perdereau, a souligné que cela avait été "une évidence" de venir devant cette "vitrine de la technologie" pour participer à un mouvement général, "car on se bat pour la même chose : sauver l’emploi".

"On a décidé de se battre, de faire front commun face à nos patrons", avait pour sa expliqué Jean-Pierre Mercier, délégué de la CGT de PSA Aulnay.

Tout en dénonçant les "patrons casseurs" (d’emploi), le syndicaliste avait aussi souligné que la manifestation avait valeur de "message au gouvernement, pour lui dire qu’il a une responsabilité politique dans les licenciements".
"On est écoeuré", a-t-il dit après les incidents. "Face à des ouvriers qui manifestent dignement, le gouvernement envoie les CRS. Le vrai boulot, c’est de les envoyer au Medef", a-t-il ajouté.

Présent sous la bannière de la CGT Ford Blanquefort (près de Bordeaux), le candidat du NPA à l’élection présidentielle Philippe Poutou a également dénoncé les événements : "le gouvernement veut nous intimider", a-t-il estimé.

8 villes concernées

Des cortèges sont attendus à Paris, Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Rennes, Clermont-Ferrand et Epinal, et des arrêts de travail sont annoncés dans de nombreux secteurs, selon la CGT.

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, affirme que la mobilisation vise à "aider le gouvernement à prendre les bonnes décisions".

Nous pouvons agir nous aussi pour obtenir de bonnes mesures", a-t-il déclaré, espérant "qu’il y aura beaucoup de monde dans la rue" lors de cette journée de grève et de manifestations.

Le Nouvel Observateur - Le 12 Octobre 2012

Voir aussi : Reportage de France Inter

Voir aussi : Photos et prises de parole sur Blog de Julien Gouesse

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