Focast : 130 salariés toujours menacés de licenciement

Mercredi 14 novembre 2012, par Victor Morrisset // Focast

La procédure de redressement judiciaire a été prolongée de trois semaines pour la société Focast. Le temps pour l’unique chef d’entreprise potentiellement intéressé par une reprise de remplir trois conditions.

L’AVENIR de la fonderie Focast Picardie se conjugue encore au conditionnel. Les magistrats du tribunal de commerce ont décidé, hier, poursuivre la procédure de redressement judiciaire pour trois semaines de plus et ont fixé la date du 29 novembre prochain pour une audience spéciale. Trois semaines, c’est le délai accordé au groupe Bouhyer et à son dirigeant Alain Mimouni pour faire une offre de reprise de la fonderie Focast Picardie.
Comme l’a expliqué Me Declercq, administrateur judiciaire de la fonderie Focast Picardie, auquel le tribunal a confié une mission d’assistance lors de la dernière audience il y a un mois, après la recherche active menée avec les services de la communauté d’agglomération, trois chefs d’entreprise ont regardé vers la fonderie de Villeneuve-Saint-Germain. Un seul, au final, a écrit une lettre d’intention de reprise.

« Un industriel cohérent »

Avant de déposer une offre de reprise ferme et officielle, il doit d’abord remplir trois conditions indispensables pour lui : l’une commerciale (avec les clients de Focast Picardie), une liée à l’accord du groupe qu’il dirige, et enfin une liée à l’accord de la part de son pool bancaire. L’administrateur judiciaire a argumenté pour que ce délai soit accordé, la trésorerie de Focast permettant de tenir jusqu’au 29 novembre : « Il saura présenter les choses. J’ai face à moi quelqu’un de sérieux, un industriel cohérent, dans une vraie démarche. Il a une très belle entreprise ».
Celle-ci est spécialisée dans la fabrication de contrepoids pour les engins de chantier et comprend deux sites de production, l’un à Revin dans les Ardennes et l’autre à Ancenis, près de Nantes.

Manif solidaire

L’industriel veut se diversifier et fabriquer des pièces qui pèseraient moins de deux tonnes : ce que l’outil et la main-d’œuvre qualifiée de Focast Picardie pourraient faire. À l’issue de l’audience, hier matin, les représentants du personnel ont annoncé la nouvelle au porte-voix. Les 130 salariés de Focast Picardie ont rendez-vous le 29 novembre à 11 heures au palais de justice pour une audience couperet. Ce sera la liquidation ou la reprise.
Ils n’étaient pas seuls dans la rue. Venus les soutenir pour une manifestation solidaire contre la suppression d’un millier d’emplois dans le Soissonnais, des salariés de Baxi, de Géodis principalement mais aussi des syndicalistes d’autres sociétés de Soissons qui ont connu ces dernières années des heures sombres (Verallia, Genoyer…), ainsi que quelques salariés du secteur public et des élus ont battu le pavé avec eux.

Ludivine BLEUZÉ


L’Union, le 09 novembre 2012

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