Coup de tonnerre social à Saint-Junien

Dimanche 25 novembre 2012, par lohann // Albany

Les salariés de COFPA-Albany Saint-Junien ont l’impression de vivre un nouveau cauchemar. D’ici 2014, l’usine perdra 60% de son effectif.

La nouvelle, tombée hier dans l’après-midi, a fait l’effet d’une bombe sur les 127 salariés de l’usine COFPA-Albany de Saint-Junien. Tous s’attendaient à des suppressions de poste, en raison des déclarations alarmistes de la direction au cours de ces derniers mois. Mais certainement pas dans des proportions aussi importantes.

« 75 emplois supprimés, c’est la mort de l’usine de Saint-Junien » . Pour Cécile Thibaut, déléguée du personnel CGT, c’est tout simplement « scandaleux » d’en arriver là. A ses côtés, deux de ses collègues, le regard vide, ne peuvent prononcer un mot tellement elles sont effondrées.

A l’issue du comité central d’entreprise extraordinaire, réuni à Neuhausen, en Suisse et présidé par Daniel Halftermeyer, directeur du groupe Albany Europe, la nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre dans l’usine de Saint-Junien.

Le directeur, Jean Sénellart, a d’abord réuni les cadres, avant de s’adresser à l’ensemble du personnel.

« Nous sommes tous abasourdis », témoigne Gérard. Personne, en effet n’avait envisagé un tel scénario catastrophe. « Tout le monde se regarde sans savoir vraiment comment réagir ». Tous étaient avertis du projet de restructuration, mais pas préparés du tout à recevoir un « coup de massue » aussi foudroyant. « On ne comprend pas pourquoi le site de Saint-Junien qui a fait la preuve de sa rentabilité doit être sacrifié ».

Sans espoir et sans illusions

La direction assure que les licenciements ne seront pas effectifs avant 2014. « Mais comment travailler pendant un an encore en sachant que l’on sera licencié après ? ». Dans ces conditions, l’ambiance à l’usine risque d’être invivable. « On nous propose un emploi à Commercy, dans la Meuse, c’est n’importe quoi » .

Gérard est persuadé que la direction cherche à gagner du temps. « Il reste quelques mois pour fi[nir les productions en cours. Une fois que nos dirigeants auront la certitude de pouvoir fabriquer les toiles en Chine ou aux Etats-Unis, ce sera fini pour les usines de Saint-Junien et Sélestat »

Ce jeudi 22 novembre, à 14 heures, un comité d’entreprise exceptionnel se réunira à Saint-Junien. Les représentants du personnel, présents hier au CCE en Suisse, seront revenus. « Nous aurons d’autres éléments d’information », espère Gérard.

Didier Roy, attaché au service maintenance, fait partie des anciens aujourd’hui. Il ne croit pas un seul instant que cette usine puisse continuer à fonctionner avec une cinquantaine de personnes. « Les ateliers travaillent en équipe sans interruption. Ca risque de sonner creux dans les 6 000 m² ».

« C’est terrible parce que depuis le 12 mars, (NDLR : date de la reprise du travail après deux semaines de conflit) on a fait beaucoup d’efforts. Nous avons toujours un bon carnet de commandes. Nous rapportons de l’argent au groupe et on nous jette dehors » .

Comme Gérard, Didier n’a plus aucun espoir sur le devenir de cette usine. « Nous sommes dépendants de la volonté d’un groupe qui veut fermer notre usine pour des raisons qui nous échappent. C’est dégueulasse ! ».

Le 22 Novembre 2012 - Le Populaire

Répondre à cet article