Alsace. Delphi : « Un cyclone s’abat sur nous »

Vendredi 7 décembre 2012, par lohann // Delphi

Le centre de recherche et développement de l’équipementier automobile américain, à Illkirch Graffenstaden, va perdre 103 de ses 140 emplois. « C’est comme un cyclone qui s’abat sur nous », lâche-t-on, au sein du Comité d’entreprise de Delphi Mechatronics & Safety, à Illkirch-Graffenstaden.

« Sous le choc », les salariés ne s’attendaient pas à l’annonce de Delphi de supprimer 103 des 140 postes. Bien sûr, il y avait eu des alertes : le non-renouvellement des départs depuis la crise de 2008-2009 (le centre comptait plus de 200 salariés à l’époque) et, dans une autre branche de ce groupe tentaculaire, la fermeture de l’usine Delphi power Steering, au Port du Rhin (300 emplois perdus).

Il n’empêche : « On pensait avoir prouvé notre capacité à s’adapter et faire nos preuves », poursuit un membre du comité d’entreprise. Pour preuve, la centaine de brevets déposés par le site depuis sa création, « sur des projets high-tech que l’on retrouvera dans les voitures d’ici dix à quinze ans ». Des efforts las. D’ici à la fin 2013, le site devrait avoir été vidé de sa matière grise, « par vagues successives de départs tous les trimestres ». Seule une petite quarantaine de salariés devrait rester au sein d’un service d’interface clients.

1.500 salariés à Cracovie
Le site polonais du groupe devrait être le grand gagnant de l’opération. A Cracovie, l’Américain a développé un centre de R&D qui emploie aujourd’hui 1.100 personnes, sans doute près de 1.500 d’ici à 2015. Des propositions de reclassement y seront faites, aux conditions locales. « On est vraiment dans une optique de licenciements boursiers. L’entreprise fait des bénéfices qu’elle juge insuffisants. Elle profite de la morosité du marché automobile pour justifier ce plan qui s’intègre dans un programme plus vaste en Europe. On sait que 270 millions de dollars ont été provisionnés par le groupe pour cela », poursuit-il. Sans oublier de rappeler les différentes aides dont l’entreprise a bénéficié pour son développement : crédit impôt recherche, partenariats avec le Pôle véhicule du futur, etc.

Une situation que les élus strasbourgeois ont instantanément dénoncée : « A la brutalité de l’annonce, s’ajoute le faux choix auquel la direction de Delphi semble vouloir placer le personnel menacé : le chômage ou un départ en Pologne (…) Nous allons nous mobiliser, élus de la collectivité et députés de Strasbourg, pour faire en sorte que la situation s’inverse », a fait savoir Jacques Bigot, maire d’Illkirch et président de la Communauté urbaine de Strasbourg.

Le 6 Décembre 2012 - Le Journal des Entreprises

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