Freescale : l’inspection du travail récuse les derniers licenciements économiques

Vendredi 7 décembre 2012, par lohann // Freescale

L’inspection du travail vient de récuser le motif de licenciement économique de certains salariés de Freescale. Alors que le démontage continue sur le site de production de semi-conducteurs, le bras de fer entre le syndicat CGT et la direction continue.

Les doutes de l’inspection du travail

Ils l’annonçaient déjà en juillet dernier : « Vous n’en avez pas fini avec nous ! » Les délégués syndicaux CGT du site de production de semi-conducteurs Freescale viennent en effet de se faire refuser leur licenciement au titre du motif économique. En clair, pour l’inspection du travail, rien économiquement ne justifie le licenciement de ces salariés rescapés et protégés par un statut spécial dans le code du travail. Et donc plus largement, des 821 salariés concernés par la fermeture de la production.

Dans la lettre qu’elle a adressé aux salariés concernés, l’inspection du travail souligne que les arguments de la direction « ne sont pas étayés par des données précises ou chiffrées notamment quant aux baisses de parts de marché et aux coûts de production » et doute des « effets positifs de la réorganisation décidée sur la compétitivité du groupe qui découleraient de l’arrêt de la fabrication à Toulouse ».

L’inspection du travail conclut : « En l’absence de ces éléments (…) la nécessité de sauvegarder la compétitivité du groupe n’est pas démontrée ». La direction du groupe a fourni au dernier moment des éléments supplémentaires à l’enquête de l’inspection qui devrait les prendre en compte pour décider si elle confirmait ou non sa décision.

« Dégoutés »

« C’est énorme pour nous », se félicite Didier Zerbib du syndicat CGT. « Cela prouve que nous avions raison. » Une bonne nouvelle au goût néanmoins amer pour les syndicalistes et qui arrive trop tard pour les quelque 400 salariés qui ont reçu leur lettre de licenciement en août dernier et dont le sort est depuis scellé. « Depuis l’abandon du plan de reprise, nous ne nous faisions plus d’illusions. »

Il ne reste en effet qu’une centaine de personnes sur le site de production, dans le but de démonter les machines. « Nous sommes d’ailleurs assistés par des équipes chinoises depuis quelques semaines. » 85% des machines de production ont, en effet, été vendues à un industriel chinois, laissant penser à un remontage du site en Asie.

Dans le communiqué adressé aux rédactions, les CGT Freescale se sont dit carrément « dégoutés » par des mois de combats qu’ils ont eu le sentiment de mener seuls. Dans l’usine d’abord, au sein de laquelle l’unité syndicale n’a jamais été de mise. Minoritaire au moment de la décision de fermeture du site, la CGT « a en travers de la gorge » l’attitude jugée passive voire « complice » de FO et de la CGC. Parmi les institutionnels ensuite, qui « à part le conseil général, n’ont rien fait pour nous alors que nous leur avions communiqués les éléments dès le départ. »

Élections professionnelles : des urnes au tribunal

Témoins d’une ambiance délétère sur le site de Basso-Cambo, les élections professionnelles se sont tenues vendredi. La CGT y ferait une percée parmi les ouvriers et techniciens mais la répartition des sièges négociée avec la direction aurait tout du marché de dupe. A tel point que le syndicat dénonce des irrégularités et a saisi le tribunal d’instance de Toulouse le 17 décembre prochain.

Malgré la mise à mort du site de production de Toulouse, le combat continue et devrait se poursuivre aux Prud’hommes. La non justification du motif économique des licenciements ouvre en théorie la voie à de plus fortes indemnisations pour les salariés licenciés. Une victoire à la Pyrrhus pour la direction de Freescale.

Ni la direction, ni les autres syndicats n’ont donné suite à nos demandes.

Le 7 Décembre 2012 - Carré d’info

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