Blocages de sites et discussions houleuses chez Alcatel-Lucent

Jeudi 13 décembre 2012, par lohann // Alcatel

La direction de l’équipementier télécoms Alcatel-Lucent et les syndicats sont réunis ce 13 décembre en comité central européen (CCE) extraordinaire autour du plan de restructuration prévoyant 934 suppressions de postes.

Les sites d’Alcatel-Lucent vibrent au son de la grogne sociale, ce 13 décembre. Villarceaux (Essonne), Orvault (Loire-Atlantique) et Lannion (Côtes-d’Armor) sont totalement bloqués. Celui de Vélizy (Yvelines), qui accueille le CCE extraordinaire, a procédé à un débrayage et une assemblée générale en fin de matinée.

Quelques jours après l’annonce des 934 suppressions de poste chez l’équipementier télécoms en France, les syndicats de tous bords affrontent la direction lors de ce CCE extraordinaire. A l’ordre du jour : explication de textes quant aux livres I et II du plan de restructuration d’Alcatel-Lucent France, qui concernent les justifications économiques du plan et les mesures d’accompagnement proposées.

Depuis 10 heures ce matin, les représentants des salariés contestent chaque point, font entendre leurs arguments. "On est en pleine bataille de tranchée", résume Philippe Vincent, représentant CFE-CGC chez Alcatel-Lucent, à L’Usine Nouvelle. "On s’engueule sur chaque ligne, sur chaque poste. Le climat est assez tendu et houleux", nous confirme Hervé Lassalle, délégué syndical central CFDT.

En discussions ce matin, les suppressions de postes chez les commerciaux et responsables d’affaires. "On bataille sur ce point car on ne comprend pas comment le groupe va pouvoir rebondir sans ses forces commerciales", commente le représentant syndical. "Ce n’est pas en supprimant un millier de postes qu’Alcatel-Lucent va se sauver et trouver les 1 à 2 milliards nécessaires à éponger ses dettes".

Selon les syndicats, 300 à 400 personnes ont débrayé sur le site de Vélizy à la mi-journée. "On organise la résistance, mais nous refusons de boycotter les réunions ou d’opter pour des actions plus violentes", assure Hervé Lassalle. "On privilégie les actions internes et avec les pouvoirs publics".

Le rapport de force n’est pas près de s’achever. En début d’après-midi, les contestations étaient telles que seul un des huit points à l’ordre du jour du CCE avait été abordé par la direction et les syndicats.

La réunion extraordinaire sera donc reportée, "probablement en début d’année prochaine", imagine Hervé Lassalle.

Le 13 Décembre 2013 - L’Usine Nouvelle

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