Des ex-salariés d’Aubade indemnisés après des licenciements "boursiers"

Mercredi 20 mars 2013, par lohann // Aubade

La justice a finalement donné raison à 66 anciens salariés de l’usine de lingerie fine Aubade dans la Vienne qui dénonçaient le caractère "boursier" de leur licenciement fin 2009 après leur rachat par le groupe suisse Calida. La cour d’appel de Poitiers leur a donc accordé d’importants dommages et intérêts, allant de 13 000 à 55 000 euros en fonction de l’ancienneté, soit environ 2 millions d’euros au total, a indiqué, mercredi 20 mars, leur avocat, Emmanuel Giroire-Revalier.

Les ex-salariés avaient été déboutés en janvier 2012 par le conseil des prud’hommes de Poitiers, un jugement que la cour d’appel a annulé. Ils estimaient que les difficultés financières invoquées à l’époque par Calida n’étaient pas justifiées, que le groupe suisse avait à l’époque les moyens de soutenir sa filiale, et que les suppressions d’emploi répondaient avant tout à une logique financière et stratégique.

"ORGANISER ARTIFICIELLEMENT LES DIFFICULTÉS"

Dans son jugement, la cour d’appel considère qu’"en l’absence de preuve des difficultés économiques du groupe Calida, le licenciement est dépourvu de cause réelle et sérieuse". Mais elle ne retient pas pour autant le caractère "abusif" du licenciement comme le réclamaient les appelants, faute d’attitude de Calida à "organiser artificiellement les difficultés".

La cour relève en outre que le groupe suisse avait présenté le rachat d’Aubade en 2005 comme un moyen de "dépoussiérer son image classique", et "avait affirmé que son objectif était de parachever la délocalisation de la fabrication" en Tunisie en raison de coûts salariaux inférieurs. Les juges ont enfin considéré que la société Aubade "a manqué à son obligation de recherche sérieuse, loyale et personnalisée de reclassement".

Aubade comptait 472 salariés en France à son rachat en 2005, et avait perdu 140 emplois lors d’un premier plan social en 2007, après une délocalisation en Tunisie. Un second plan de 101 personnes n’avait laissé dans l’usine de Saint-Savin qu’une trentaine de personnes, sur une plate-forme logistique et de distribution.

Le 20 Mars 2013 - Le Monde

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