Chez Phone House, les indemnités téléphonées ne passent pas

Vendredi 6 septembre 2013, par lohann // Phone House

Clap de fin sous tension pour les salariés de Phone House. Le comité d’entreprise, tenu ce vendredi après-midi au siège de la firme à Suresnes (Hauts-de-Seine), a confirmé le licenciement de 501 salariés sur 1 200. Un verdict qui divise les intéressés, rassemblés à l’appel de l’intersyndicale. Certains des présents s’en sont pris à leurs représentants élus au comité d’entreprise.

Moins que les licenciements eux-mêmes, ce sont les conditions de départ qui constituaient l’enjeu des négociations. The Phone House avait annoncé dès avril la cessation de son activité. L’entreprise spécialisée dans la vente de portables et d’abonnements a été mise en difficulté à la suite de la perte de son contrat avec Orange, source principale de ses revenus. Selon ses salariés, elle aurait également mal anticipé l’arrivée des forfaits low-cost. En août, l’entreprise The Kase, fabricant d’accessoires pour les Smartphones et les tablettes, a annoncé la reprise de 114 magasins Phone House en France ainsi que de 416 employés.

Larmes

Présentées ce vendredi aux salariés, ces conditions de départ, éloignées des objectifs de l’intersyndicale, ont déclenchés quelques querelles à la sortie de certains membres du comité d’entreprise. La plupart des salariés licenciés toucheront un congé de reclassement de 70% de leur salaire brut au lieu des 80% demandés. Les indemnités supra légales se situeront entre 1 et 1,2 mois de salaire par année d’ancienneté, au lieu des deux mois revendiqués. Enfin, une indemnité de 4 000 à 6 000 euros, contre les 8 000 euros exigés, sera reversée à tous les employés qui veulent se former. Et tous les jours de grève seront payés.

« Le délégué syndical FO que je suis est profondément insatisfait car le groupe Carphone Warehouse - qui détient Phone House - a les moyens de financer des conditions de départ avantageuses pour les salariés, conclue Grégory Etienne, après une journée difficile de négociations. En revanche, l’élu du CE que je suis est satisfait car je reçois beaucoup de messages de sympathie et de remerciement, (…) La grande majorité des salariés ne voulaient pas de dépôt de bilan ». « On est pas forcément satisfait de ce qui a été décidé, admet les larmes aux yeux Stéphanie Hamon, secrétaire du comité d’entreprise (…). On ne voulait pas sortir de la salle et dire aux gens que c’est le dépôt de bilan, ce qui aurait signifié la perte de certaines des indemnités ».

Reproches

Une partie des salariés ne voit pas les choses du même œil. « On n’est pas venu nous demander notre avis », constate, furieuse, Valérie Séguillon, membre de la CGT. « C’est une trahison », hurle même à Grégory Etienne, Emmanuelle, mère célibataire de deux enfants, employée à la plateforme SAV de Phone House. Elle lui reproche aussi d’avoir vu un membre de direction de l’entreprise la veille de la réunion. Plusieurs estiment même que l’issue du comité était jouée d’avance. Pour Paul Lopes, représentant CFTC, « le CE a cédé à la pression du dépôt de bilan de la part de la direction ». Une telle issue aurait retardé, pour de long mois, la décision sur le sort des salariés.

L’avis négatif émis par le comité d’entreprise, dans lequel les représentants des salariés critiquent le manque de moyens mis sur la table par la direction, laisse cependant une possibilité pour les salariés mécontents. Ceux-ci pourront se tourner vers les prud’hommes pour contester leur sort à titre individuel. Plusieurs syndicats pensent déjà à planifier une stratégie pour accompagner ceux qui souhaitent faire un recours. De quoi redonner un peu d’espoir à tous les salariés qui se sentent floués.

Le 6 Septembre 2013 - Libération

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