Plus de 2000 salariés en grève à PSA La Janais

Jeudi 17 octobre 2013, par cclpv // PSA

Ils veulent « du boulot et un avenir » pour leur usine. L’exaspération monte à la Janais. L’appel a débrayage lancé, hier midi, a été massivement suivi.

« On veut du boulot ! On veut du boulot ! » Le personnel de la Janais, à Chartres-de-Bretagne, a montré son exaspération hier, au moment même où se réunissait, à Paris, un comité stratégique du groupe. Tous les syndicats ont appelé à débrayer entre 11 h 30 et 14 h 30. Objectif : « Exiger un avenir pour notre site et la fin de la saignée des effectifs ».
La direction de l’usine a recensé 1 500 grévistes. Les syndicats parlent plutôt de 2 100 à 2 400 grévistes. « Cette mobilisation est un succès, non pas pour les syndicats, mais pour l’ensemble des salariés », souligne David Ruellan, du Syndicat indépendant de l’automobile (SIA-GSEA). La semaine dernière déjà, une pétition avait recueilli 2 876 signatures, « soit 82 % des salariés présents ce jour-là ».

Ouvriers, employés et cadres ont montré leur détermination à obtenir enfin des garanties du constructeur sur le devenir de l’usine bretonne. « Nous réclamons tous des investissements et l’attribution d’un projet de véhicule permettant de garantir notre avenir », ont martelé les leaders syndicaux, devant le millier de salariés rassemblés à midi, à la guérite de l’entrée principale. Pendant les trois heures du débrayage, la production était à l’arrêt.

« Les gens sont très fatigués depuis six ans qu’ils subissent des coupes dans les effectifs », avoue David Ruellan. Lassés aussi de ne plus savoir sur quel pied danser, à force de rumeurs. Ces deniers jours, les yeux se tournent vers la Chine et une possible alliance avec le constructeur Dongfeng.

« Départs contraints » en 2014

Les 5 500 salariés de l’usine de Chartres-de-Bretagne vivent depuis des mois au rythme des journées de chômage partiel (76 jours depuis janvier, celles d’octobre et de novembre incluses). Et beaucoup redoutent de perdre leur travail en 2014. Le plan social en cours prévoit 1 400 suppressions de postes.

Ce plan lancé en mai propose des mesures de départ jusqu’au 31 décembre, sur la base du volontariat. Si le compte n’y est pas, le constructeur prévoit des « départs contraints ». Autrement dit des licenciements. Ce dont les syndicats ne veulent pas entendre parler.

Ouest France - 17 octobre 2013

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